KARSTODYSSEE - Centre d'Etude du Karst

Etudier les grottes marines de Méditerranée pour comprendre comment le réchauffement climatique fait varier le niveau des mers

Comprendre le passé pour préparer le futur

C’est dans les grottes des côtes de Méditerranée que le projet Karstodyssée s’attache à étudier les niveaux de la mer liés au réchauffement climatique. En effet, il y a 125 000 ans, à une époque où l’industrie humaine se résumait à la taille du silex, le réchauffement climatique a déjà fait monter la mer. L’étude des anciennes plages déposées dans les grottes montre que l’eau était 20 m plus haut qu’aujourd’hui. Principaux responsables : le soleil, les océans et les volcans.

Les traces de perforations de moules, sable, coquillages et coraux qui prouvent la présence d’anciens rivages, ont été naturellement protégés de l’érosion dans les grottes, ce qui a permis leur préservation. Les premières données, collectées dans la région niçoise, montrent que le niveau marin a atteint environ 20 m au dessus du niveau actuel. Elles suggèrent des vitesses de montée de l’eau dépassant 2 cm par an. Grâce à une meilleure connaissance de ces mécanismes naturels, décryptés par une équipe pluridisciplinaire et internationale, il sera plus facile de s’adapter à cette évolution irrémédiable. En attendant bien sûr la prochaine glaciation...


Présentation du projet KARSTODYSSEE

Depuis l'été 2015, notre navire et les chercheurs géologues, géographes et spéléologues de la mission Karstodyssée, parcourent la Méditerranée à la recherche des anciens niveaux marins, déposés dans les grottes marines.

La mission durera plusieurs mois. Elle associe les chercheurs des universités Paris 8 et Versailles-Saint-Quentin, le laboratoire d’anthropologie préhistorique de Monaco, divers partenaires associatifs français, ainsi que des laboratoires italiens, tunisiens et turcs.

La période étudiée est l’Eémien, il y a 125 000 ans (stade isotopique 5e),  une époque où l’Homme était déjà présent sur Terre. La planète a alors connu un réchauffement climatique identique à celui que nous vivons aujourd’hui. Le niveau des mers est monté, de plusieurs mètres au-dessus du niveau actuel. Le responsable n’était certainement pas l’Homme dont l’activité industrielle principale était la taille du silex. Le phénomène a été totalement naturel et s’explique parfaitement par les cycles astronomiques qui caractérisent la rotation de la Terre autour du Soleil et définissent la quantité d’énergie que reçoit la planète. Découverts par le mathématicien serbe Milutin Milanković en 1941, ces cycles sont aujourd’hui unanimement acceptés pour expliquer partiellement les variations climatiques depuis un million d’années. A cela, s’additionne le gaz carbonique que les océans relâchent sous l’effet du réchauffement, ce qui amplifie et accélère le processus. L’activité volcanique intervient aussi en produisant des gaz à effet de serre ou, au contraire, des cendres qui, en obscurcissant l’atmosphère, refroidissent la terre. Ainsi, avec sur une période d’environ 100 000 ans, la mer descend lors des périodes froides puis remonte lors de périodes chaudes. 


Cet épisode de l’Eémien et ceux qui l’ont précédé n’étaient pas provoqués par l’Homme.  Le réchauffement actuel, qui a débuté il y a 18 000 ans environ, comprend une part naturelle et une part liée aux activités humaines dont l’importance est sujette à des débats parfois polémiques. Quoi qu’il en soit, la température augmente et la mer monte et il sera vraisemblablement difficile, voire impossible de s’y opposer.


Une meilleure connaissance de l’épisode ancien de l’Eémien est donc primordiale pour préparer les populations littorales à s’adapter aux nécessaires changements que le réchauffement actuel provoquera. En fournissant des données sur la part naturelle du changement climatique, la mission Karstodyssée permettra de mieux évaluer le rôle de l’Homme dans le processus actuel et de calibrer les modèles prédictifs de remontée du niveau des océans.

 

Pour ce faire, notre navire Triton, un voilier de 12 mètres, longe les littoraux calcaires à la recherche des grottes. Ces dernières sont explorées grâce à des embarcations plus légères ou inspectées à l’aide d’un drone. Elles sont cartographiées et intégrées dans un atlas, le Karstatlas qui sera mis en ligne, en open source pour permettre l’accès au plus grand nombre au fur et à mesure des découvertes. Les anciens niveaux marins découverts sont étudiés et prélevés pour être analysés et datés grâce à l’uranium/thorium, une méthode de dation radioactive largement utilisée pour cette période de temps.


Origine du projet

Les études que nous avons menées sur les sources sous-marines de Méditerranée depuis les années 90 (voir la vidéo) nous ont permis de voir que les  grottes littorales étaient de remarquables enregistreurs naturels de paléoenvironnement. En cette période d'interrogation sur les effets du réchauffement climatique nous avons souhaité contribuer à une meilleure connaissance des variations du niveau marin afin de permettre l'adaptation des sociétés côtières.


A quoi servira l'argent collecté ?

Le bateau et les équipements ont déjà acquis. Après avoir débuté l'été 2015 sur les cotes du Sud-Est de la France métropolitaine, le projet se poursuivra en 2016 le long des autres littoraux méditerranéens (Corse, Italie, Espagne, Tunisie, Malte, Grèce, Turquie). Les sommes collectées permettront les missions en mer et l'entretien du bateau, la réalisation d'un film, le traitement et la datation des échantillons, la publication des résultats. Grâce à votre aide, l'acquisition de nouvelles données et l'obtention des premiers résultats permettront de prouver l'intérêt et la faisabilité du projet, conditions nécessaires pour obtenir des financements nationaux ou européens. Le budget total du projet est d'environ 130 000 euros.


Notre équipe

Elle comprend les membres du CEK et des laboratoires partenaires, des étudiants, des spéléos, des bénévoles issus du monde associatif et bien d'autres. 

Elle est dirigée par : 

Eric Gilli, Université Paris 8, direction du projet et moyens nautiques

Olivier Archambeau Université Paris 8, étude des sociétés littorales, filmographie

Ibtissem Tounsi, Université Paris 8,  mise en place du SIG et du karst Atlas

Edwige Pons, Université de Versailles Saint Quentin, datations et isotopes

  

Donner 20 euros

Donner 50 euros

Donner 100 euros

Donner 150 euros

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Association Centre d'Etude du Karst

Centre d'Etude du Karst

Le Centre d'Etude du Karst a pour vocation l'étude des phénomènes karstiques (grottes, gouffres, sources, eaux souterraines),

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