Compagnie Oculus

Arts et culture

Compagnie de théâtre professionnelle basée à Neuvy-le-Roi (Nord Touraine) et créée en 2013.

Nos actions en cours

Qui sommes-nous ?

Oculus signifie ''œil" en latin.
Un oculus est également une ouverture de forme circulaire pratiquée dans un mur, par laquelle le regard passe pour voir ailleurs.
La Compagnie Oculus est une compagnie émergente implantée en Touraine, créée en septembre 2013 sous l'impulsion de Julien Pillot, comédien et metteur en scène, responsable artistique de la compagnie. Elle est composée de comédiens et d'artistes travaillant sur des mises en scène collectives.

Manifeste artistique


Trois axes constituent la colonne vertébrale de notre travail :
- cultiver l'imaginaire d'un public actif,
- rencontrer ce public,
- le mettre au cœur du processus artistique, et non seulement à la fin.

Cultiver l'imaginaire

Tout notre travail théâtral est centré sur l'acteur. C'est l'acteur qui porte la vie, qui est le transmetteur de la pensée du poète et des émotions. Comme à la lecture d'un livre, c'est au théâtre la plus belle qualité humaine qui est en jeu au sein du public : l'imagination. Ainsi tous nos choix scéniques veillent à soutenir l'imaginaire, en prenant garde à ne pas l'étouffer.
Qui n'a jamais été déçu, après la lecture d'un roman, par son adaptation cinématographique ? C'est selon moi quasiment logique car lorsque nous lisons des mots nous imaginons les lieux, les ambiances, les personnages, c'est notre imaginaire qui est jeu, nous sommes actifs. Tandis que le cinéma - art fabuleux mais art de l'image sur un écran - nous impose l'imaginaire d'un autre (celui du réalisateur, du producteur, …), forcément différent. Notre imaginaire est alors étouffé, contrarié et nous sommes déçus (« Ah... je ne voyais pas ça comme ça... »). Le théâtre, c'est ce qui nous fait, à cinq ans, prendre un balais pour une épée ou un télescope ou encore un cheval. C'est un balais peut-être, mais les émotions vécues n'en sont pas moins fortes.
Le théâtre existe justement parce que nous avons tous en nous cette faculté d'abstraction, d'imagination, de projection, qui fait que nous pouvons entrer en empathie avec un personnage, rire et pleurer, quand bien même nous savons que nous sommes au théâtre. C'est magique.

À la rencontre du public

Tous les représentations de la Compagnie Oculus sont suivies d'un temps d'échange, de questions/réponses, de discussions avec le public. Ce temps d'échange est pour nous primordial. La scène et le moment de la représentation sont tous deux sacrés, mais une fois la représentation terminée, nous voulons susciter le dialogue, entendre le public, après que ce dernier nous a entendus. L'auteur Arnaud Dudek a assisté à plusieurs représentations de ''Rester Sage'', et nous avons pu ensuite discuter, avec lui et avec le public, du parcours complet du roman, qui part du cerveau de l'auteur, passe par son crayon ou son clavier, puis dans nos yeux de lecteurs, notre bouche et notre corps de comédiens, pour finir dans l'oreille et les yeux du public. Auteur, comédiens, public : la boucle est bouclée.
Nous voulons ''faire descendre l'artiste de son piédestal'' (le faire descendre de scène), montrer au public le théâtre comme un forum. Trop souvent le seul retour qu'on permet au public est celui de l'applaudissement (''j'ai aimé''), de la plainte (''je n'ai pas aimé''), voire de la honte (''je n'ai pas compris, c'est sûrement parce que je suis trop bête''). Combien de fois entendre cette dernière phrase nous a rendus tristes. C'est ce constat qui nous pousse aujourd'hui à faire un travail de pédagogie, à expliquer par exemple au public que s'il ne comprend pas un spectacle, cela peut être dû à un manque de références certes (et ce n'est pas grave), mais que cela peut aussi être dû à un travail ''mal fait'' de la part des artistes (cela arrive, comme partout).
Nous avons à cœur de chercher des formes d'implication du public dans notre démarche artistique. Ainsi dès la création des spectacles nous invitons des spectateurs à assister aux différentes étapes du processus de création, car c'est le public qui nous permet d'extérioriser notre propre regard.
Le public est au théâtre un partenaire essentiel qui ne doit pas intervenir seulement à la fin, et surtout pas sans qu'on l'entende. Prenons garde à ne pas l'oublier : sans public, pas de théâtre. Le théâtre est vivant, et c'est le public, tout autant que les artistes, qui donne vie au spectacle.

Le public au cœur du processus artistique

Notre processus de création débute d'ordinaire par une lecture, où nous invitons nos futurs spectateurs à entendre le texte une première fois, sans mise en scène, presque à l'état brut. Il s'agit pour nous de directement confronter la matière au public alors même que nous sommes fragiles et débordant de questions à résoudre. Parfois certaines personnes non initiées à la création d'un spectacle croient que tout est écrit et qu'il suffit aux artistes d'exécuter. Ainsi un ami, alors que je l'invitais à voir une toute nouvelle mise en scène de ''La Tempête'' de Shakespeare, m'a répondu : ''Ah eh bien non... ''La Tempête'' je l'ai déjà vu il y a deux ans''. Ou encore, lors de la première lecture de ''Rester Sage'', un monsieur m'a posé la question « Comment allez-vous faire pour monter cette scène-ci ?''. Quand je lui ai répondu ''Très bonne question Monsieur. Je n'en sais rien du tout !'', il était étonné, il n'en revenait pas. Pour la première fois, plusieurs personnes dans la salle ont réalisé le travail de recherche dramaturgique et scénique que demande la création d'un spectacle, qu'il ne suffit pas d'exécuter, que nous n'avons pas toutes les réponses d'emblée, que justement nous ne les avons pas, et surtout qu'elles sont multiples et procèdent de choix. Que d'abord il faut construire. Comme un artisan.
Le public prend part à la construction, en nous renvoyant l'image, le son, les émotions de ce que nous jouons. A quel comédien n'est-il pas arrivé de découvrir le véritable sens de certaines scènes le soir de la première quand le public, ce partenaire essentiel, est enfin là ? C'est le public qui est à la bonne distance pour dire si la planche qu'on est en train de clouer est bien horizontale ou un peu penchée. Bien sûr nous faisons en sorte que les planches soient le plus justement clouées, et bien sûr il ne s'agit surtout pas de ''vouloir plaire à tout le monde'', car untel verra la planche horizontale quand elle sera penchée pour l'autre. Il n'en reste pas moins que le public est détenteur d'un savoir, d'une oreille, d'un œil, que nous aurions tort d'ignorer.

Oculus finalement, c'est avant tout l’œil du public, du spectateur. L’œil de celui que Duchamp appelle « le regardeur ».

« Je crois que l'artiste qui fait [une] œuvre ne sait pas ce qu'il fait. Je veux dire par là : il sait ce qu'il fait physiquement, et même sa matière grise pense normalement, mais il n'est pas capable d'estimer le résultat esthétique. Ce résultat esthétique est un phénomène à deux pôles : le premier, c'est l'artiste qui produit, le second, c'est le spectateur. […] Et j'insiste là-dessus parce que les artistes n'aiment pas qu'on leur dise ça. L'artiste aime bien croire qu'il est complètement conscient de ce qu'il a fait, de pourquoi il le fait, de comment il le fait, et de la valeur intrinsèque de son œuvre. A ça, je ne crois pas du tout. Je crois sincèrement que le tableau est autant fait par le regardeur que par l'artiste. »
Marcel Duchamp, entretien radiophonique

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