La Bassée présente une biodiversité d’une richesse exceptionnelle : elle est inscrite dans des ZNIEFF de type 1 et 2 (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique), elle est concernée par deux directives européennes (Directive Oiseaux et Habitats) et l’ensemble du territoire est classé en Zone de Protection Spéciale et Zone Spéciale de Conservation. Outre sa biodiversité remarquable, La Bassée est une plaine alluviale qui, par sa topographie, est une zone naturellement inondable. Il s’agit même de la dernière en amont de Paris. Ce tronçon de la vallée de la Seine, localisé en amont de Paris, s’étend entre la confluence Aube-Seine en amont (au niveau de Romilly-sur-Seine) et la confluence Seine-Yonne en aval (située à Montereau-Fault-Yonne).

Elle héberge 200 espèces d’oiseaux qui vont soit nidifier dans la zone humide, soit y passer une partie de l’année avant de migrer. Parmi elles, des espèces classées « liste rouge » en Île-de-France telles que : le Busard des roseaux, la Sterne pierre-garin, la Pie grièche grise, la Mésange boréale… Sur toute la zone humide, le Muséum National d’Histoire Naturel ainsi que le Conservatoire Botanique National du Bassin Parisien ont répertorié 600 espèces végétales dont 80 espèces qui sont classées dans la « liste rouge » de l’Union Internationale de Conservation de la Nature (Vigne sauvage,  Oeillet superbe, Gratiole officinale…). La Bassée abrite aussi d’autres groupes d’espèces comme des mammifères (Campagnol amphibie, Muscardins…), des amphibiens (Grenouille rousse, Rainette verte…), des insectes (Cuivré des marais, Flambé…) ou des reptiles (Lézard des murailles, Orvet fragile…). Durant les travaux des casiers ainsi qu’après, les habitats risquent d’être modifiés aboutissant à une perte de cette diversité exceptionnelle au Sud de La Bassée.


La plaine alluviale de la Bassée est un réservoir de biodiversité unique en France comportant les derniers spécimens d’espèces franciliennes vulnérables (ex : Vigne sauvage, violette naine, 160 espèces d’oiseaux, une trentaine d’espèces mammifères terrestres etc.). C’est également un lieu de balade prisé des franciliens pour son aspect naturel.   

Qu’est-ce que le projet des réservoirs de la Bassée ? 

Au terme d’une enquête publique qui s’est déroulée en août 2020, le projet de casier pilote de La Bassée portée par EPTB Seine grands lacs a reçu l’aval des commissaires enquêteurs. Il consiste en la réalisation d’une vaste zone temporairement inondable, appelée casier, alimentée par une grande pompe directement reliée à la Seine. Le vaste réservoir, encerclant des espaces comprenant aujourd’hui une riche biodiversité, serait ainsi constitué d’une digue longue d’environ 8 km (d’une hauteur moyenne de 2,5 m de haut), permettant de stocker 10 millions de m3 d’eau au moment du pic de crue. Ce casier, dont l’objectif est d’atténuer les crues de la Seine, est le premier d’une série de 9 autres bassins qui, selon les estimations du maître d’ouvrage, réduiraient la hauteur des crues de 40 cm au total (soit 4 cm par casiers).

La construction des casiers va générer un impact négatif considérable sur la biodiversité. Chaque réservoir sera délimité par des infrastructures importantes qui risque de faire barrage aux allées et venues des espèces aujourd’hui présentes sur le site. Cet effet barrage est d’autant plus préjudiciable que la plaine alluviale de la Bassée constitue un vaste réseau d’espaces de biodiversité au sein duquel les espèces naturelles gravitent. La réserve naturelle nationale de la Bassée est l’une des parties de cette plaine alluviale (qui est la plus vaste vallée fluviale inondable du bassin versant de la Seine) et sa raison d’être est précisément la diversité de ces paysages et des milieux humides qu’elle contient, comme les prairies ou les roselières, qui contrastent avec des zones plus sèches, appelées « montilles », formant de petites buttes créées au cours des siècles par l’accumulation de dépôts de sable. 

Le maintien des espèces qui y trouvent refuge est par ailleurs fonction des espaces alentours qui seront impactés par les projets de réservoirs. Or le problème majeur réside dans le fait que les casiers seront constitués pour être remplis d’eau en quelques heures à l’occasion de chaque grande crue de la Seine, ce qui ne permettra pas aux espèces présentes d’échapper à temps à l’immersion ou de s’y adapter, comme c’est le cas depuis des siècles lorsque la Seine déborde progressivement. Les travaux de construction des barrages génèreront également de nombreuses destructions d’espèces protégées, ce qui est particulièrement regrettable dans l’un des derniers sanctuaires de biodiversité d’Ile-de-France et en considération des espèces particulièrement rares et menacées en présence.



Illustration schématique du projet de casier pilote, comprenant la construction de digues entourant les milieux naturels sensibles et d’une pompe destinée à prélever les eaux de la Seine pour les déverser dans ledit casier. Les digues contrarient les allées et venues de certaines espèces et soumet les habitat à une destruction certaine en cas de crue.

France Nature Environnement s’oppose vivement à ce projet. Même si la volonté de réduire les crues de la Seine en aval est louable, contrarier les fonctions naturelles d’immersion de la dernière plaine alluviale avant Paris, tout en portant atteinte à la biodiversité de la plus grande zone humide d’Île-de-France n’est pas envisageable. D’autant plus que la justification du projet des casiers de la Bassée n’est pas exempte d’incohérences. Les 40 cm que le projet permet de prélever au niveau de la Seine en crue correspondent précisément aux centimètres supplémentaires qu’un autre projet porté par l’Etat va faire peser sur la Seine : le projet de Canal à Grand gabarit (projet hautement polémique motivé par des considérations strictement commerciales et écologiquement absurde).  

Une alternative est-elle possible ? 

Pour limiter ces crues, une autre solution existe face au projet de casiers : conserver le caractère naturel de la plaine et construire des digues à proximité des habitations. Cette solution offre les mêmes capacités de rétention d’eau que les casiers, coûte moins cherrespecte plus les milieux humides et est plus adaptée aux enjeux environnementaux de notre époque.


Un projet alternatif aurait permis de préserver les espaces naturels de la Bassée, qui continueront néanmoins à jouer leur rôle naturel et essentiel de limitation des crues (cette vaste zone humide est inondable par essence). Quelques aménagements plus légers que les casiers seraient néanmoins nécessaires en aval (un barrage, et un rehaussement des digues protégeant les espaces sensibles, utilisation d’infrastructures existantes comme des voies de chemin de fer pour freiner la crue etc.).

Cette alternative au projet de casier pilote a été étudiée par l’EPTB Seine grands lacs, qui s’est borné à commander une étude avant de l’écarter sans ménagement. FNE Ile-de-France et Seine-et-Marne ont tenté de rappeler les éléments issus de ce rapport lors de l’enquête publique, sans succès. 

Pourquoi nous allons en justice ?

Après avoir participé activement à l'enquête publique et alerté durant plusieurs années sur l’inadéquation du projet d’infrastructure à l’endroit projeté, FNE Ile-de-France et FNE Seine-et-Marne ont exercé un recours gracieux contre la déclaration d’utilité publique (DUP) du projet.

Le préfet de Seine-et-Marne ayant rejeté leur recours gracieux, les associations se résolvent à aller en justice afin d’obtenir une annulation du projet tel qu’il est envisagé.

Outre la DUP, le premier des casiers de la Bassée a fait l’objet d’une autorisation environnementale, délivrée le 1er décembre 2020 par le préfet de Seine-et-Marne. C’est le deuxième acte que les associations ont attaqué devant le Tribunal administratif de Melun le 8 mars 2020 pour obtenir une annulation du projet et, à tout le moins, une meilleure prise en compte de la biodiversité du site ainsi qu’aux alentours. 

Le travail consistant en l’analyse des éléments du dossier et des moyens susceptibles d’emporter l’annulation du projet est tel que les associations envisagent de recourir à l’aide d’un avocat afin de renforcer les chances de succès des différents recours nécessités par cette lutte.

Nous nous préparons à attaquer les prochaines autorisations pour les mêmes raisons qui ont motivé les recours contre le casier pilote : éviter qu’un projet d’infrastructure lourde ne vienne détruire l’une des zones de biodiversité les plus riches et les plus sensibles de la région pour assurer une fonction anti-crue que la zone remplit déjà aujourd’hui.

Comment travaillons-nous ?

Sur ce projet, les bénévoles de FNE Seine-et-Marne et de FNE Ile-de-France se sont associés pour mener une réflexion d’ampleur sur les solutions anti-crues fondées sur la nature. Très en amont de l’enquête publique relative à ce projet, les associations ont mené un partenariat avec différents acteurs de la gestion de l’eau et du risque inondation afin de réaliser différentes actions pédagogiques (brochures, un grand colloque prévu en 2021, réalisation d’un numéro spécial du magazine de FNE IDF, sorties nature, etc.). Cependant, la persistance du projet dans les travers énoncés au cours de l’enquête publique a motivé les associations et bénévoles à intervenir au moyen d’un autre levier démocratique cher au réseau France Nature Environnement : le contentieux environnemental.

Une équipe pluridisciplinaire composée de bénévoles, d’associations membre et du juriste de FNE Ile-de-France ont travaillé au développement d’une stratégie contentieuse visant à obtenir l’annulation du projet. Cette équipe a, jusqu’ici, préparé les différents recours gracieux et contentieux déposés contre le projet.

À quoi servira l'argent collecté ?

L’objectif de cet appel aux dons est de soutenir la stratégie contentieuse visant à obtenir l’annulation du projet.

Afin de renforcer l’équipe par la consultation d’un avocat spécialisé en droit de l’environnement, il nous apparaît nécessaire de faire appel à la générosité des citoyens soucieux de la protection de la biodiversité. Les éventuels trop perçus (excédant les honoraires de l’avocat) permettront de libérer du temps salarié nécessaire au suivi de cette affaire par le juriste de la fédération régionale et de couvrir les éventuels frais de justice.

France Nature Environnement Ile-de-France

France Nature Environnement Ile-de-France est la fédération régionale des associations franciliennes de protection de la nature et de l'environnement. Elle est la porte-parole de plus de 400 associations, unions ou collectifs départementaux et locaux.

Membre de la fédération nationale France Nature Environnement, FNE Ile-de-France est son représentant régional.

Créée en 1974, elle est régie par la loi de 1901, agréée environnement depuis 1981 et habilitée au dialogue environnemental au niveau régional depuis 2012. Elle est indépendante de tout mouvement confessionnel, syndical, économique ou politique.

Face aux menaces qui pèsent sur l'environnement, notre union défend l'intérêt général, intervient auprès des décideurs par des contacts réguliers, propose des solutions pour concilier activités humaines et équilibres naturels, assure la représentation des associations de protection de la nature et de l'environnement dans de nombreuses instances de concertation et consultatives, agit en justice. 

Les 400 associations, les 40 000 adhérents et les équipes d'experts et de consultants bénévoles sont la voix de FNE Ile-de-France. Cette voix s'exprime grâce à notre magazine d'information Liaison et via les interfaces numériques (site web, Twitter,Facebook). Les sessions de formations variées participent également à diffuser la connaissance environnementale.


Pour aller plus loin


Je signe la pétition contre la mise à grand gabarit de la liaison fluviale entre Bray-sur-Seine et Nogent-sur-Seine


Communiqué de presse sur le projet de FNE Seine-et-Marne et FNE Île-de-France : 

https://fne-idf.fr/PDF/Divers/CP_la%20Bass%C3%A9e_10%20juin%202020.pdf


Signalement sur Sentinelles de la nature :

https://sentinellesdelanature.fr/alerte/10473/


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