Une guerre, récits d'une rive à l'autre

par Grand ensemble - atelier de cinéma populaire

Une guerre, récits d'une rive à l'autre - Grand ensemble - atelier de cinéma populaire

Faire vivre une plate-forme pour les mémoires de la guerre d'indépendance algérienne

Présentation du projet

La plate-forme multimédia , une guerre, récits d'une rive à l'autre destinée aux mémoires de la guerre d'indépendance algérienne a été inauguré en octobre 2016. Elle est tout à la fois le fruit d'un travail de recherche, de création et d'éducation populaire et a mobilisé pour sa réalisation des chercheurs en histoire et des professionnels de l'image.

Cette plate-forme rassemble des récits de vie, ceux de femmes et d’hommes qui ont rencontré à un moment de leur vie la guerre d’indépendance algérienne, qui disent leur rapport à cette guerre et comment cette dernière les a durablement touchés. On peut y entendre une grande diversité de témoignages traduisant des points de vue différents. Chacun peut retrouver un reflet de sa propre histoire.

Tout a été pensé pour donner le plus rapidement accès aux récits enregistrés. Ils sont présents sous deux formes : récits audio et rencontres filmées de lycéens avec les témoins dans le cadre d'ateliers en lycée. Les textes de présentation ont été synthétisés au maximum de manière à donner l'accès le plus direct possible aux voix des témoins. Ainsi l'entrée est humaine, émotionnelle.

La dimension scientifique n'est pas absente pour autant, mais vient dans un second temps ; chaque récit étant contextualisé par une ou plusieurs courtes notices élaborées par un comité scientifique. L'ensemble des notes est aussi accessible par un lien en première page du site sous l’appellation « entrées historiques ».

La plate-forme compte à ce jour 2000 utilisateurs, majoritairement jeunes (60% d'entre eux ont entre 18 et 24 ans). Elle s'adresse à un public de non-spécialistes, principalement de jeunes adultes, utilisateurs d’internet, éloignés des institutions de diffusion de culture scientifique ou artistique, concernés par les mémoires de cette guerre et en manque d’informations.  

La diversité des témoignages, et la neutralité avec laquelle ils sont présentés, fait de cette plate-forme un outil pédagogique bien reçu et utilisé par les professeurs d'histoire-géographie de lycées, tant généraux que professionnels. Nous bénéficions d'un bon réseau de partenaires irriguant les milieux scolaires et universitaires, et participons depuis deux ans au programme de formation académique des enseignants du secondaire. L'idée de transmission à des jeunes, dans un cadre scolaire, est extrêmement mobilisatrice pour les témoins.

Origine du projet

Ce nouvel espace en ligne marque l'aboutissement d'un engagement de longue date de notre association. Nous travaillons depuis 2007 sur cette question.  La réalisation de plusieurs documentaires, expositions et ouvrages collectifs qui nous a amenés à multiplier les rencontres avec des publics différents.

Cette démarche nous a permis de saisir à quel point ce conflit touche encore les Français, comment il est entré dans leurs représentations et affecte encore leurs relations sociales. Malgré le travail effectué par les historiens, un sentiment de méconnaissance et d’occultation perdure parmi la population.

La mise en place de cet espace en ligne est donc notre réponse face au constat que les espaces de rencontres et d'expression sur le sujet font aujourd'hui défaut. Un travail de transmission est possible et nécessaire. D'une part, nous pouvons encore entendre les témoins directs et les acteurs ; c'est une matière précieuse et irremplaçable pour appréhender ce passé. D'autre part, les jeunes veulent comprendre, ils ont besoin de connaissances solides. Ils doivent avoir accès à la complexité de l'histoire, pour forger leur jugement moral et se construire en pleine citoyenneté.

Les énergies constructives, la volonté d'apaisement, sont bien présentes dans la société française mais elles ont peu l'occasion de s'exprimer. Aussi, nous apparaît-il absolument nécessaire de poursuivre le travail engagé en raison de son utilité sociale et de la pertinence de ce nouvel outil forgé au fil des années.

A quoi servira l'argent collecté ?

La construction de la plate-forme a été soutenue par la la DRAC, la région Rhône-Alpes, et l'ONAC ( Office national des anciens combattants). Ces soutiens ont permis la réalisation de cet outil précieux pour poursuivre la démarche engagée. 

Le face à face des jeunes avec les témoins, les projections et les rencontres, alimentent un processus continu, qui ancre la plate-forme dans les réalités et permet de l'alimenter avec de nouveaux récits. Le développement de l'espace en ligne, et l'ancrage social au plus près du terrain sont donc les deux faces d'une même démarche. 

Cependant, aujourd'hui cette part du travail qui s'inscrit dans le champ de l'éducation populaire est peu valorisée, peu reconnue et peu soutenue. De plus, les caractéristiques de la démarche qui articule plusieurs champs professionnels ne favorisent pas les soutiens institutionnels classiques. 

C'est toutefois un travail exigeant, qui demande un engagement dans le temps et mobilise des compétences professionnelles réelles. Il nous serait donc très difficile de poursuivre sans moyens financiers. 

Tous vos dons, même minimes, nous encourageront à poursuivre...

Les fonds collectés nous aideront à : 

> Organiser dans l’espace public la valorisation des films tournés avec les lycéen.nes et les témoins, qui sont souvent le lieu d'échanges inter-générationnels très riches, et qui permettent de prendre contact avec de nouveaux témoins.

> Travailler de manière privilégiée sur des territoires ciblés en lien avec des structures sociales bien implantées, comme des centres sociaux et des médiathèques.

> Lancer une nouvelle collecte pour avoir un éventail complet et équilibré, car certains témoignages font encore défaut, pour avoir un éventail tout à fait complet, comme par exemple ceux d'anciens harkis et de leur famille, mais pas seulement ...

> Renforcer nos liens avec l'Education nationale, qui permettent à nos propositions d'être de mieux en mieux reçues et relayées d'année en année, tant les interventions en classe, que les formations d'enseignants du secondaire intégrées dans le plan académique.

> Rendre la plate-forme plus visible sur Internet (référencement, réseaux sociaux), afin de toucher des personnes concernées par le sujet, au delà du périmètre de terrain travaillé habituellement par l'association. Cette visibilité devrait donner une nouvelle dimension à cette démarche d'éducation populaire.

UN GRAND MERCI PAR AVANCE !

Notre association est reconnue «d’intérêt général à caractère culturel». De ce fait, les avantages fiscaux liés au mécénat culturel des particuliers s’appliquent à l’ensemble des dons qui seront affectés. Pour chacune de vos contributions, nous vous enverrons un reçu fiscal, qui vous permettra d’obtenir une réduction d’impôt égale à 66 % des sommes versées, retenues dans la limite annuelle de 20 % du revenu imposable.

Notre équipe

Béatrice Dubell  : coordination générale

Comité scientifique 

Gilles Boyer, professeur agrégé à l’Université Claude Bernard lyon1-ESPE où il enseigne l’histoire et travaille sur l’enseignement du fait colonial en primaire et secondaire. Il a co-dirigé en 2007, Colonisation et décolonisation dans les manuels de l’école primaire et en 2008 De l’école en situation coloniale à l’enseignement du fait colonial.

Charlotte Gobin est historienne. Sa thèse Porteur.es de valises porte sur les mouvements de soutien à la cause de l'indépendance algérienne, abordés du point de vue d'une problématique de genre.

Arthur Grosjean est professeur d’histoire-géographie au lycée de la Plaine-de-l’Ain à Ambérieu-en-Bugey. Il a été le correspondant du Rhône et de l’Ain de l’IHTP (Institut d’Histoire du Temps Présent) pour l’ouvrage collectif dirigé par Raphaëlle Branche et Sylvie Thénault La France en guerre, expériences métropolitaines de la guerre d’indépendance algérienne. Il poursuit actuellement des recherches sur la répression et la justice pendant la guerre d'Algérie.

Tramor Quemeneur, historien français, spécialiste de la guerre d'Algérie, est enseignant et membre de l’équipe de l’IHTP-CNRS (Institut d’histoire du temps présent). Sa thèse de doctorat, soutenue en 2007, était intitulée Une guerre sans "non" ? Insoumissions, refus d'obéissance et désertions de soldats français pendant la guerre d'Algérie, une première recherche fouillée sur les quelque 15 000 jeunes Français, insoumis, déserteurs ou objecteurs de conscience pendant la guerre d’Algérie. Il participe au comité d'orientation de la CNHI (Cité nationale de l'histoire de l'immigration)

Sylvie Thénault, chargée de recherche au CNRS, Centre d'histoire sociale du XXe siècle. Elle est spécialiste du droit et de la répression en Algérie à la période coloniale. Elle a notamment publié Une drôle de justice. Les magistrats dans la guerre d’Algérie en 2001 et Violence ordinaire dans l'Algérie coloniale : Camps, internements, assignations à résidence en 2012.

Marianne Thivend est maîtresse de conférences d’histoire contemporaine, à l’Université Lyon-II, LARHRA et historienne de l’enseignement, des femmes et du genre.

Réalisation

Web master : Amandine Konan, konected
Collecte audio et réalisation des vidéos : Béatrice Dubell
Collaborateurs techniques : Romain Goujon, Alexandra Ferdinande, Christian Cuilleron,  Joël Prévost, Christophe Cousin.
Photographes : Christophe Cousin, Jacques Deries
administrateur : Jean-claude Alérini
Avec l'aide de Sarah Farjon, Mélissa Profit, Alice Hornéro


Donner 20 euros

Donner 50 euros

Donner 100 euros

Donner 150 euros

Association Grand ensemble - atelier de cinéma populaire

Grand ensemble - atelier de cinéma populaire

Arthur Grosjean
29/06/2017
Anne claire Sylvestre
10/06/2017
Gérard Diet
23/05/2017