Kevrenn Brest Sant Mark

Arts et culture

La Kevrenn Brest Sant Mark est le bagad de la ville de Brest. Créé en 1947, le groupe a été titré 11 fois champion de Bretagne des Bagadoù. Malgré son ancienneté, la KBSM pour les intimes, n'a de cesse de se renouveler et continue d'apporter sa propre touche de modernité à la musique bretonne.

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Qui sommes-nous ?

La création...

La reconstruction de Brest est déjà bien avancée en 1947 lorsque, le 28 juillet, survient en rade l'explosion de l'Ocean Liberty, un Liberty Ship chargé de nitrate d'ammonium. Le quartier de Saint Marc est gravement touché et de nombreuses initiatives voient le jour pour venir en aide aux sinistrés.

L'explosion de l'Ocean Liberty vue depuis le port (1947)

 

C'est dans cet esprit que Yann Camus, sonneur de biniou qui tenait alors le "Café du Bot" près de l'église de Saint-Marc, entreprend une tournée du Finistère. Avec quelques sonneurs rassemblés à son initiative et en compagnie du Cercle Celtique de Brest, emmené par Pierre Jestin, ils parcourent le département dans le but de collecter des fonds pour les victimes et leurs familles. C'est l'acte fondateur de la Kevrenn Brest Sant Mark.

Dès lors, l'activité de la Kevrenn est à l'image de la ville : un chantier. Les lieux de répétitions en témoignent : situés sur la ligne de front des bulldozers, ils font des sonneurs brestois les derniers occupants de locaux voués à la démolition, tels que la Caserne Fautras, Satos, la Librairie de la Cité, le Nouveau Théâtre... Le groupe s'installe ensuite plus durablement au sous-sol des halles Saint-Louis et arrive ensuite bien plus tard rue Proud'hon dans un local attribué par la ville de Brest.

La Kevrenn s'est désormais établie dans le quartier de Sanquer, à la place de l'ancienne école Levot.


 

 

Une identité...

Sur les ruines de la culture rurale bretonne, il faut se forger une identité urbaine tournée vers l'avenir et vers les autres, et on ne s'embarrassera pas des attaches du passé, en dehors du choix, plus ou moins conscient, de préserver l'essentiel : la langue et la musique qui s'y rattache.
En 1950, un "pipe-band" venu de Glasgow, ville bienfaitrice, inspirera aux dirigeants du groupe la formation du Bagad sur des bases plus rigoureuses. Délaissant ses instruments d'origine, la Kevrenn se dote, en 1954, de cornemuses et d'une batterie écossaise, grâce à un prêt consenti par la Chambre de Commerce.
Dès que le cœur de la cité s’est remis à battre, la Kevrenn est de toutes les cérémonies : elle ouvre ou clôture le défilé de la Fête des Écoles ou celui du Festival des Cornemuses. Elle anime les fêtes de quartier, les kermesses, les inaugurations... Elle sonne le coup d’envoi de grandes rencontres sportives au départ du Tour de France ou du tour du monde de la Jeanne d’Arc... Elle fréquente les salons de l’Hôtel des voyageurs, ou de la Préfecture Maritime en attendant le retour de la Musique des Équipages de la Flotte.

Sur les ruines de la culture rurale bretonne, il faut se forger une identité urbaine tournée vers l'avenir et vers les autres, et on ne s'embarrassera pas des attaches du passé, en dehors du choix, plus ou moins conscient, de préserver l'essentiel : la langue et la musique qui s'y rattache.
 

Festival des cornemuses de Brest (1967)

 

En 1950, un "pipe-band" venu de Glasgow, ville bienfaitrice, inspirera aux dirigeants du groupe la formation du Bagad sur des bases plus rigoureuses. Délaissant ses instruments d'origine, la Kevrenn se dote, en 1954, de cornemuses et d'une batterie écossaise, grâce à un prêt consenti par la Chambre de Commerce.
Dès que le cœur de la cité s’est remis à battre, la Kevrenn est de toutes les cérémonies : elle ouvre ou clôture le défilé de la Fête des Écoles ou celui du Festival des Cornemuses. Elle anime les fêtes de quartier, les kermesses, les inaugurations... Elle sonne le coup d’envoi de grandes rencontres sportives au départ du Tour de France ou du tour du monde de la Jeanne d’Arc... Elle fréquente les salons de l’Hôtel des voyageurs, ou de la Préfecture Maritime en attendant le retour de la Musique des Équipages de la Flotte. 

 

 

 

 

Dans le cadre du Festival des Cornemuses de Brest, puis à Lorient dans le cadre du Festival Interceltique, la Kevrenn s’impose à de nombreuses reprises, par une démarche originale qui allie l’innovation technique et la qualité des arrangements dus à des musiciens membres du groupe comme Alain Trovel, ou extérieurs, comme Pierre-Yves Moign.

En 20 ans, elle remporte ainsi 11 fois le titre de Champion de Bretagne, face à des challengers de talent, en particulier le Bagad Bleimor, tenant d’une approche traditionnelle, et la Kevrenn de Rennes sur une ligne plus harmonisée.


 

Une envie de liberté...

En 1975, la Kevrenn décide de faire une pause dans le travail de compétition, jugé astreignant, afin de pouvoir se consacrer à une mise en valeur de son projet musical. Celui-ci vise à élargir le spectre sonore du bagad, et sera par ailleurs davantage tourné vers le grand public.
Dans cette optique, plusieurs évolutions importantes sont amorcées, parmi lesquelles : l’adjonction d’un clavier (orgue électronique au départ) qui apportera à l’ensemble un meilleur équilibre dans les basses, la création d’un groupe de danse, qui proposera une illustration visuelle de la musique de la Kevrenn. Il est doté d’un costume de scène également contemporain, et certains musiciens y participeront activement.

Festival International des Cornemuses de Strakonice (1969)

 

L’ensemble se produit dans cette nouvelle formule, en particulier à l’occasion du Festival des Cornemuses de Strakonice (République Tchèque) en aout 1975, auquel la Kevrenn a déjà participé en 1969 et 1972. L’expérience séduit et amène la Kevrenn à envisager de nouvelles expériences. 

En 1976, à l’issue d’une ultime participation au concours de Lorient, le groupe décide de quitter à la fois la compétition et la fédération des bagadoù (bodadeg ar sonerion), et adopte un fonctionnement totalement autonome afin de se consacrer pleinement à la réalisation de son projet musical. Il s’agira en effet de faire admettre que le terme de concert peut s’appliquer à un ensemble de musique bretonne. 
 

 

 

Le concept est original (voire audacieux) à l’époque et vise à promouvoir auprès des organisateurs et du public une meilleure valorisation d’une musique de bagad, voulue plus accessible. 

La programmation de la Kevrenn privilégie alors l’ouverture favorisant ainsi les rencontres et expérimentations avec d’autres instrumentistes. Une expérience importante est menée en 1980 avec la Musique des Équipages de la Flotte, qui tente d’intégrer bagad et harmonie. Un disque 33 tours est enregistré à cette occasion, qui réunit des arrangements d’airs traditionnels et des compositions créées spécialement, notamment par Alain Trovel et Christian Desbordes.


Les années 80 verront se réaliser, dans le même esprit, différentes collaborations visant à développer la capacité de la Kevrenn à maitriser une production scénique en association avec d’autres artistes : Melaine Favennec, qui amène une expérience rythmique décisive au travers de fusion "jazzistiques", Bleizi Ruz, Dominique Molard, Gwalarn... qui seront autant des partenaires que des catalyseurs de projets.

Festival international du monde celte d'Ortigueira (1978)

 

C’est aussi une période de tournées fréquentes à l’étranger, en particulier en Galice (Ortigueira, La Corogne, Vigo...) et à Strakonice, en République Tchèque, mais également en France : Confolens, Bayonne, Rochefort... La Kevrenn n’en délaisse pas pour autant l’élargissement de son public local et régional, puisque le groupe se produit, en saison et aussi par choix hors saison, à raison d’une douzaine de prestations par an devant des auditoires très variés. 

Dans les années 90, le groupe a atteint une certaine maturité dans une formule intégrant claviers, percussions (élargies au-delà de la batterie écossaise), et valorisant, à chaque fois que possible les compétences internes (uileann-pipe, flûtes...). 

 

Le répertoire s’oriente délibérément vers des compositions originales, qui exploiteront les ressources disponibles. De 1991 à 1993, la Kevrenn participe par ailleurs au projet de "La Passion Celtique", regroupant 120 musiciens et choristes, composition musicale de Christian Desbordes pour le spectacle theatral d’Ar Vro Bagan.

En 1997, la Kevrenn décide de concentrer ses efforts sur la formation et l’intégration, et lance le bagadig. Le 50ème anniversaire du groupe est par ailleurs l’occasion d’un nouveau spectacle (Hier et Demain), réunissant de nombreux partenaires musiciens et compositeurs, et permettra également de jeter les bases du premier "Printemps des Sonneurs", qui pour des raisons de calendrier aura finalement lieu début 1998.


 

Le retour aux concours :

En 2003, le bagadig participe aux concours de la BAS. La règle obligeant le bagad à concourir pour que son bagadig puisse également participer au championnat, le bagadig devient « Bagad Yaouankiz Brest Sant-Mark ». En parallèle la Kevrenn Brest Sant-Mark continue de se produire sur scène à l’international : Galice, Roumanie ainsi qu’à Yokosuka au Japon, où elle se fait ambassadrice de la ville de Brest.

A l’occasion des 60 ans du groupe en 2007, le bagad crée le spectacle « D’azur et d’Hermine », retraçant l’histoire de la Kevrenn par un fil conducteur : 60 actions, 60 jours et 60 lieux. S’appuyant sur des compositeurs bretons renommés (Jacques Pellen, Manu Lann Huel, Pat O’May…), la musique est mise en valeur par des mouvements chorégraphiques, une mise en scène particulière et des jeux d’éclairage. 

En 2007, le bagadig est champion de Bretagne de cinquième catégorie, ce qui lui permet d’accéder à la quatrième catégorie. C’est ainsi que l’année suivante, le bagad décide de reprendre le chemin des concours, sous l’impulsion du nouveau penn-soner Christian Loaec et du nouveau président Mikaël Guillou. 

 

 

Et depuis...

Après 4 ans en quatrième catégorie, le bagad accède à la catégorie supérieure en 2011. De 2011 à 2022, la Kevrenn évolue donc en 3ème catégorie. Durant ces 11 années, le groupe a su acquérir une certaine maturité musicale, tout en restant fidèle au style « kevrenn », sous la direction musicale de Christian Loaec, Jonathan Czapla et depuis 2017, d’Erwan Guillou. L’élection en 2015 de Jérémy Guizien en tant que président donne également une nouvelle dynamique au groupe, qui fera de la formation des jeunes sonneurs son cheval de bataille. Un choix qui portera ses fruits, l’école de musique accueillant aujourd’hui près de 100 élèves.

Concours de 2nde catégorie de Saint Brieuc (2023)

La période Covid a bien évidemment marqué le milieu culturel, la Kevrenn ne faisant pas exception. Malgré 2 années sans concours, le groupe poursuit le travail amorcé avant la crise et revient plus déterminé que jamais. Les efforts fournis permettent à la Kevrenn de remporter la première place au concours des bagadou de troisième catégorie en 2022. Elle évolue à présent en seconde catégorie et a d’ailleurs été classée 2nde lors de la manche de printemps du concours de Saint-Brieuc 2023.

Malgré la reprise des concours, la Kevrenn continue de se produire à l’étranger : au Kieler Woche (Allemagne) en 2015, au festival international des cornemuses de Strakonice (Tchèquie) en 2012 et 2022 ou encore au festival international du monde celte d’Ortigueira (Espagne) en 2017.