Création du premier spectacle de la compagnie Premiers Mots


Notre jeunesse c'est quoi ?



par Florian Robitaille, lors de la résidence à l'ECFM de Canteleu



                

             Sept comédiens déjà au plateau attendent que les spectateurs arrivent pour partager le quotidien de leurs personnages. Celui d’un groupe de jeunes adultes dans la banlieue d’une grande ville, en pleine canicule, la veille du 14 juillet.  

             Grim a 20 ans, il vit avec sa mère qui se lève chaque jour pour que les murs de sa maison tiennent debout. Grim veut s’enfuir. C’est pour ce soir. 

             Dans le même quartier, il y a Anna qui travaille dans un centre d’appel téléphonique, où elle passe sa journée à mentir sur son nom et sur sa fonction au gré de ses interlocuteurs. Elle a 18 ans, elle est enceinte.

             Lola vient aussi être engagée en tant que téléactrice. Elle s’occupe de sa mère qui meurt chaque soir sur le canapé du salon. 

             Et il y a d’autres jeunes, qui zonent, qui essayent, qui attendent, que quelque chose se passe... Et puis, Grim rencontre un homme qui a quitté son pays. Et Anna, un commissaire de police sous tension… 

             Ces personnages égarés vont chuter, se contaminer par leurs failles. La mort soudaine de l’un.e d’entre eux sera le détonateur d’une prise de conscience commune et d’une révolte singulière, poétique

                 Son auteur, Olivier Saccomano codirige, aujourd’hui, le CDN de Montpellier aux côtés de Nathalie Garraud. Faiseur et penseur de théâtre, il signe notamment une thèse de philosophie intitulée Le Théâtre comme pensée. A travers ses mises en scènes, il expérimente des formes de théâtre légères qui lient l’idée d’œuvre à celle d’exercice. 

            


“Souvent, c’est quand j’arrête de faire quelque chose, n’importe quoi, marcher, parler, travailler. C’est comme si je tombais dans un trou. Ou alors j’ai l’impression de me voir du dehors, comme si j’étais un personnage, le personnage de Lola, et qu’on pourrait aussi bien m’effacer et me remplacer par quelqu’un d’autre. On lui mettrait mes habits, on lui donnerait ma voix, et personne n’y verrait que du feu. Ça ne changerait rien à l’histoire. Parce qu’il ne m’arrive rien. Enfin, rien d’irréversible. Alors les choses se mélangent et se dévorent entre elles: les vivants et les morts, le jour et la nuit, hier et aujourd’hui…”
                                                                           Lola, Acte II. scène 3, Notre jeunesse



                 Notre jeunesse s’articule en trois actes. Le premier commence par un prologue où les acteurs introduisent littéralement la pièce et se distribuent les rôles  (“Lui par exemple, il va jouer Aziz.”), puis l’on découvre les histoires de chacun. Le second porte sur la mort d’Anna et ses circonstances, il est l’acte charnière qui fera tout basculer. Le troisième est une succession très rapide de reconstitutions des événements qui précèdent la mort d’Anna. Les acteurs quittent leur rôle et rapportent comme une rumeur la révolte de la jeunesse.  

                 Il n’est donc pas question d’incarner la “vérité des personnages” puisque ce sont des rôles dont les acteurs n’ont d’ailleurs pas forcément l’âge ni la nationalité. Mais il me semblait pourtant évident de m’entourer d’artistes de mon âge pour raconter cette histoire. Je demande avant tout aux acteurs d’être des passeurs d’histoires. D’être presque comme des messagers qui ont voyagé, vu, entendu. Comme si tous connaissent l’histoire par cœur et chaque soir ils se distribuent les rôles différemment.




grim vass
par Florian Robitaille, lors de la résidence à l'ECFM Canteleu

Intentions


            “ Monter Notre jeunesse naît avant tout du besoin de raconter l’histoire d’une jeunesse perdue qui se retrouve héritière d’un monde qu'elle ne comprend pas. Comme en lutte contre une eau boueuse qui la fait stagner ou se noyer. 

               Par ailleurs, la pièce met en lumière des laissés pour compte. Il fallait que je donne à écouter ces “petites histoires” qui racontent la “grande Histoire”, avec un grand et beau H qui écrase parfois les petits h dans leur HLM, dans leur patelin… 

               Avec Notre jeunesse, je veux mettre en évidence la quête de sens lors du supposé “passage à l’âge adulte”, lorsque l’adolescent comprend qu’il entre dans un monde injuste, cruel et absurde. J’ai donc naturellement choisi six jeunes comédiens et comédiennes qui partagent une incarnation de cet état de crise, et rendent compte, au plateau, de cette angoisse du monde contemporain.

               C'est également un élan de vie qui m’incite à monter Notre jeunesse avec ma troupe de comédiens : nous souhaitons en faire un beau et long cri.


Inès Chouquet
* dialogue entre Louis XVI et du Duc de la Rochefoucauld



“Toute la nuit, je pense. J’oublie le temps, on dirait. Je fume, je bois, et je fais la pensée. Et comme ça, je passe à travers la nuit. On dirait je fais la causette avec moi-même, on dirait. Des fois je pense toutes choses, et c’est très long parce que je vais du coq à l’âne. Et des fois je pense une chose, et c’est très long aussi, parce que sur une chose, il y a beaucoup de côtés. Alors je tourne  autour, on dirait. Cette nuit, une seule chose j’ai pensé. J’ai pensé… la jeunesse.”
                                                                    

                                                                                     Aziz, Acte II, scène 2 Notre jeunesse

  


par Florian Robitaille, lors de la résidence à l'ECFM Canteleu



La mise en scène 

                Je choisis pour Notre jeunesse une scénographie épurée au service de la fable et de la réflexion. La structure de la pièce me pousse à privilégier le texte et son écriture plutôt qu’un visuel trop chargé, afin de mettre en avant les faits et les enjeux humains qui se jouent sur le plateau

                Je choisis de créer la pièce sur un plateau nu aux murs apparents, avec des chaises et une table en bois seulement. Deux meubles représentant les espaces intérieurs et les rapports de forces complexes qui se lient autour, aussi bien dans les lieux de l’intime (appartements) que publics (PMU, commissariat). Deux ambiances, extérieures et intérieures, qui seront différenciées par les lumières en jouant sur le chaud pour l’extérieur (qui est avenant, ouvert, vers le départ, vivant) et le froid pour les intérieurs privés et publics (où tout est figé, bloqué, mort). Un contraste qui en dit long sur les enjeux portés par cette jeunesse.  

                J’ai décidé de rythmer la pièce avec des musiques de Janis Joplin qui est une artiste morte à 27 ans, jeune, après avoir assisté et participé à un soulèvement de la jeunesse pendant les années 60 à travers le mouvement contestataire et libertaire des hippies. Elle reste une des grandes figures de ce mouvement. Les années 60, et notamment mai 68 en France, compte parmi les mouvements révolutionnaires récents sur lesquels nous avons du recul. Il est important d’enrober le spectacle d’un fantôme d’une révolution passée et de la confronter à celle(s) qui naisse(nt) aujourd’hui. 


par Florian Robitaille, lors de la résidence à l'ECFM Canteleu


Calendrier des accueils et résidences

Nous étions en résidence du 26 au 30 octobre 2020 au Labo Victor Hugo, lieu de création artistique de Rouen. Mais également du 23 au 28 novembre 2020 à l'Espace Culturel François Mitterrand. Le 28 novembre, nous avons présenté et capté la maquette du spectacle à l'issue de notre résidence. Cette présentation de maquette constitue une première étape indispensable à la production du projet. 

Elle débouchera sur trois semaines de résidences supplémentaires en 2021, du 31 mai au 5 juin 2021 au Labo Victor Hugo, du 2 au 7 août au Théâtre des Charmes, et du 8 au 19 novembre à la Factorie, afin de créer le spectacle en partenariat avec les professionnels que nous aurons convaincus !

Nous jouerons également lors de la saison 2021/22 au Théâtre du Présent à Mont-Saint-Aignan. 

La compagnie des Premiers Mots




Constituée d'anciens et actuels élèves du Conservatoire de Rouen, la compagnie des Premiers Mots porte des projets qui traduisent de façon poétique et engagée les attentes de la jeunesse envers le monde d’hier, d’aujourd’hui et de demain. 

Nous croyons intimement au pouvoir des mots pour changer nos perceptions du monde. Des premiers mots aux premiers pas, il n’y a qu’un plateau. 



Qui sommes-nous ? 


Inès Chouquet, metteuse en scène et comédienne

En 2016, elle entre au Conservatoire à rayonnement régional de Rouen en classe à orientation professionnelle. La même année elle est stagiaire sur Lulude Wedekind par Paul Desveaux. 
En 2019 elle sort diplômée du DET du Conservatoire de Rouen. Elle participe à la création du spectacle Juste Fantômesécrit et mis en scène par Héléna Nondier de la compagnie Morituri te Salutantlors du Festival Court mais pas vite du théâtre Des Déchargeurs à Paris. 

En 2020 elle est également stagiaire à la mise en scène sur le spectacle Cielsde Wajdi Mouawad mis en scène par Amélie Chalmey de la compagnie Alchimie.


Vincent Petit, comédien 

Vincent Petit

En 2018, il intègre le Conservatoire à rayonnement régional de Rouen en classe professionnelle.
En 2019, il joue dans Juste Fantômesécrit et mis en scène par Héléna Nondier de la compagnie Morituri te salutantlors du Festival Court mais pas vite du théâtre Des Déchargeurs à Paris. 



Charles Levasseur, comédien

Charles Levasseur

En 2016, il entre au Conservatoire à rayonnement régional de Rouen en classe à orientation professionnelle. 
En 2019, il en sort diplômé du DET. Il joue dans la création du spectacle Juste Fantômesécrit et mis en scène par Héléna Nondier de la compagnie Morituri te Salutantlors du Festival Court mais pas vite du théâtre Des Déchargeurs à Paris. Il a joué dans le prix RFI Les Inamoviblesde Sèjdro Giovanni Houansou mis en scène par David Bobée.
Actuellement en tournée avec le spectacle Le jour du slip/je porte la culottede Thomas Gornet et Anne Percin mis en scène par Pierre Delmotte de la compagnie Le Chatfoin.



Agathe Lenne, comédienne

Agathe Lenne

En 2017, elle intègre la classe professionnelle du Conservatoire à rayonnement régional de Rouen.
En 2018, elle tourne dans le clip du rappeur Sören  Au loin de prèsréalisé par Luis Letailleur. 
En 2019, elle joue dans les court-métrages Curious Straightet Before Curiosityécrits et réalisés par Nicolas Guittet.



Maïlys Potel, comédienne

Maïlys Potel

En 2018, elle entre au Conservatoire à rayonnement régional de Rouen dans la classe professionnelle. 
En 2019, elle participe à la création du spectacle Juste Fantômesécrit et mis en scène par Héléna Nondier de la compagnie Morituri te Salutantlors du Festival Court mais pas vite du théâtre Des Déchargeurs à Paris. Elle joue dans le prix RFI Les Inamoviblesde Sèjdro Giovanni Houansou mis en scène par David Bobée.
En 2020, elle assiste Aurélie Eudeline pour sa création Un corps à soi.


Hélèna Nondier, comédienne

Hélèna Nondier

Elle commence le théâtre en 2016 avec la Compagnie Les Insupportésqu’elle crée avec d’autres comédiens. Ils créeront le Festival Soirs à Pressoirs. La même année elle entre au Conservatoire à rayonnement régional de Rouen dans la classe à orientation professionnelle. 
En 2019, elle crée le spectacle Juste Fantômesqu’elle emmènera au Festival Court mais pas vite des Déchargeurs à Paris. Elle obtient son DET du Conservatoire de Rouen. La même année elle intègre la compagnie Compartiment 7en tant qu’autrice, metteuse en scène et interprète. Depuis elle a créé le Cabaret année 50 et Brèves de Cons. 



Hugo Bindelcomédien 

Hugo Bindel

Il entre au conservatoire de Rouen en 2015.
En 2017, il assiste à la mise en scène Pierre Guillois pour la création de L’Opéra Porno. 
En 2018, il sort diplômé du DET du Conservatoire de Rouen. Il joue dans Carthage (encore)de Jean-Luc Lagarce mis   en scène par Kim Verschueren de la compagnie Morituri te salutantlors du festival des Effusions 2. 
En 2020, il joue dans Les Bas Fondsde Gorki mis en scène par Alexandre Thoraval de la cie Little Boy.La même année il crée la série de contes audio Contes à Rebours(disponible sur Facebook et Instagram).


par Florian Robitaille, lors de la résidence au Labo Victor Hugo


Pourquoi faire appel au financement participatif ?

Jeunes diplômés, nous faisons le choix de monter indépendamment notre premier projet. N'étant pas encore reconnu sur notre territoire, nous devons imaginer des solutions de financement alternatives. Nous croyons au potentiel du financement privé pour soutenir notre initiative. Vous constituez notre premier soutien.

Nous avons pu avec le soutien de nos donateurs atteindre notre premier palier des 800 €, grâce auquel nous avons pu créer la maquette à l'Espace Culturel François Mitterrand. 

Nous pouvons maintenant passer à la deuxième étape : celle des 2 000 € ! 
Cette somme nous permettra de financer une très grande partie des frais techniques de la création du spectacle lors de nos prochaines résidences.



  • avec 850 € : nous pouvons couvrir le strict minimum des dépenses nécessaires à la création de la maquette du spectacle : défraiement de l'équipe et réservation des salles.  
  • avec 2 000 € : nous pourrons commencer à couvrir les frais techniques de la création du spectacle : Achat des décors, costumes, accessoires, notamment.

  • avec 10 000 € : nous pourrions nous rémunérer sur les deux premières semaines de résidence, pour la création de la maquette. 
  • avec 20 000 € : nous pourrions nous rémunérer sur l'ensemble du temps de création du spectacle. 
  • Avec 40 000€ : Nous compléterions le budget total de création de notre premier spectacle! 





Si vous voulez mieux nous connaitre, voici notre site: 
https://ciepremiersmots.wordpress.com/




A bientôt !


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