LES JARDINS DES 4 SAISONS

par Le Campus de l'Agroécologie

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LES JARDINS DES 4 SAISONS

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AMENAGEMENT DE LA PARCELLE

Présentation du projet

L’association loi 1901 « Le Campus de l’AgroEcologie » a été fondée en janvier 2019 par :

- Marie BIRLICHI, 60 ans, et Maider BIRLICHI, 25 ans.

Habitantes toutes deux à Bagnères-de-Bigorre, siège social de l’association et ville de 7 400 habitants dans le département des Hautes-Pyrénées, située à l’entrée de la vallée de Campan dans laquelle coule l’Adour. Bagnères-de-Bigorre est le chef-lieu de la Communauté de Communes de la Haute-Bigorre, 16 000 habitants et c’est aussi la première station thermale des Hautes-Pyrénées. Depuis sa création l’association n’était pas active puisque nous n’avions pas trouvé de terrain pour réaliser notre projet. Depuis fin août 2019, c’est chose faite.

Le territoire du Haut-Adour est un petit pays de montagne, terre de traditions, qui culmine au pic du Midi-de-Bigorre à 2877 m d’altitude. Il comprend les vallées de Campan et de Lesponne, le site touristique et de ski de fond de Payolle, ainsi que la station de ski de La Mongie, faisant partie avec Barèges du domaine du Grand Tourmalet, première domaine skiable des Pyrénées française avec 100 km de pistes. Ce territoire est peu habité et on y trouve une faune et une flore très riche. La forêt de hêtres et de sapins y tient une place importante en termes de superficies et de production de bois. L’agriculture est représentée par de petite structure dépassant rarement les 20 hectares. L’élevage d’ovins et de bovins viande est prépondérant. En ce qui concerne les cultures, on trouve surtout du maïs et un peu de maraîchage bio. Bagnères-de-Bigorre est également doté de deux centres de rééducation et de réadaptation fonctionnelle, ainsi de petits commerces, d’une zone commerciale et de nombreux artisans. De petites usines sont aussi présentent.

Notre projet est de créer un jardin école en permaculture de 2 800 m dont les productions seront en priorité réservées à des personnes en situation de précarité (RSA, minimum vieillesse…) moyennant une petite participation financière. Ce jardin servira également de lieu de formation pratique pour les adhérents de l’association désirant se former à la permaculture, créer un jardin chez eux sur ce concept agroécologique. Les formations seront payantes. Un tarif préférentiel sera pratiqué pour nos adhérents. Par la suite, nous ferons des formations pour des porteurs de projet à l’installation en maraîchage bio ou permaculture. 

Origine du projet

L’origine de notre projet a fait l’objet d’une mûre réflexion suite à divers constats sur la sociologie de la précarité, les caractéristiques sociales départementales et des études sur la santé et l’alimentation des populations en général et précaires en particulier :

- Le département des Hautes-Pyrénées est particulièrement touché par le chômage et la précarité qui sont au-dessus de la moyenne nationale. En 2016, le taux de chômage des 15 à 64 ans est de 13,7 %, et celui de la pauvreté est de 15 %. Ce sont les femmes qui sont le plus touché par le chômage (50,8 %). 21,3 % de la population a entre 45 et 59 ans et 20,1 % a entre 60 et 74 ans. Les retraités âgés de 55 ans ou plus représentent 71,9 % de la population et les 25-54 ans sont pour 30 % des employés. Les agriculteurs ne représentent plus que 2,1 % des 25-54 ans et 1,1 % des 55 ans et plus. Le taux de pauvreté par tranche d’âge du référent fiscal en 2016 est de 26,5 % chez les moins de 30 ans, puis diminue progressivement et remonte à 11,6 % chez les 75 ans et plus. Les personnes locataires de leur logement sont plus touchés que les propriétaires, vu que l’accès à la propriété est rendu impossible sans un travail et un revenu permettant le remboursement d’un crédit bancaire. En ce qui concerne le revenu disponible des habitants, pour 63,1 % il s’agit d’un revenu d’activité dont 3,5 % en indemnités chômage, pour 37,1 % ce sont les pensions, retraites et rentes. Les minimas sociaux représentent 2,4 %.

- Le diabète

La consommation française de sucre est relativement stable : environ 2,2 millions de tonnes par an, principalement sous forme de produits transformés. Une consommation de sucre en France bien supérieure à la moyenne mondiale, qui avoisine les 20 kg, mais moins que les 85 kg à Singapour. L’« or blanc » est devenu disponible en grande quantité et bon marché alors que pendant des millénaires, les seuls sucres disponibles étaient présents naturellement aux les végétaux comme les fruits et dans le miel. Avec une consommation par personne qui varie de 25 à 35 kg de sucre par an, nous consommons 10 à 15 fois plus de sucre qu’il y a 1 siècle ! Selon l’organisation Corporate Europe Observatory, en 2018, il y a 12 sociétés de lobbying active dans la filière sucre à Bruxelles qui dépensent en moyenne chaque année 21,3 millions d’euros hors budget de fonctionnement pour promouvoir les intérêts de l’industrie du sucre. Elle cherche par exemple à éviter l’instauration d’une taxe sur les boissons sucrées : une telle taxe est instaurée au Mexique en 2014 et a entraîné une chute des ventes de ce type de boissons.

En 2019, l’incidence du diabète de type 1 (insulino-dépendant) est d’environ 15 cas pour 100000 enfants de moins de 15 ans, en France. Depuis 20 ans, le nombre de personnes diabétiques de type 1 progresse de 3 à 4% par an et apparait de plus en plus précocement, notamment chez les enfants de moins de 5 ans.  Les causes de cette progression restent encore inexpliquées mais des facteurs environnementaux associés à des facteurs génétiques et nutritionnels sont identifiés/incriminés. En France, la prévalence (nombre de diabétique de type 2 en France par rapport au nombre d'habitants) est de 3 pour cent. A cela il faut ajouter les diabétiques de type 2 non dépistés qui, bien sûr, ne sont pas dénombrés. Il existe environ 2 millions de diabétiques de type 2 en France. L'augmentation est de 3 % par an. L'incidence (nouveaux cas annuels) du diabète de type 2 en France est difficile à évaluer. Par des mesures indirectes, il semble qu'elle soit de 200 nouveaux cas pour 100 000 habitant et par an.

Parmi les causes du diabète de type 2 (non insulino-dépendant), il y a toujours les facteurs de prédisposition (gènes, antécédents familiaux, etc.). Bien sûr, le vieillissement de la population, le dépistage précoce et l'amélioration de l'espérance de vie des personnes traitées augmentent mécaniquement les chiffres. Mais ce sont surtout des facteurs sociaux et environnementaux (liés à nos modes de vie) qui expliquent cet accroissement constant : surpoids, obésité, manque d'activité physique, sédentarité constituent les principales causes du diabète en France.

Plus on est pauvre, plus on est touché par le diabète. Quelques exemples en chiffres le démontrent :

  • Chez les hommes résidant dans les communes métropolitaines les plus défavorisées, la prévalence du diabète était 1,3 fois plus élevé que chez les hommes vivant dans les communes les plus favorisées. Pour les femmes, ce ratio est de 1,7 (Source : BEH, Santé Publique France, 27-28, novembre 2017)
  • La prévalence du diabète traité chez les moins de 60 ans était deux foix plus élevée chez les bénéficiaires de la CMU-C (3,6% vs 1,7%) (Source : BEH, Santé Publique France, 27-28, novembre 2017)

- L’obésité

En 1975, l’obésité concernait 0,7% des filles et 0,9% des garçons âgés de 5 à 19 ans dans le monde. Quarante ans plus tard, 5,6% des filles et 7,8% des garçons sont obèses. Dans certaines régions du monde, comme à Nauru (île du Pacifique) ou dans les îles Cook, le taux d’obésité dépasse 30% chez les jeunes. En France, un enfant sur cinq est en surpoids (1,7 million) et 3,5% sont en situation d’obésité (450.000). Les chercheurs notent que l'obésité a proportionnellement peu augmenté dans les régions du monde les plus riches (en moyenne 30 à 50% d’augmentation du nombre d’enfants obèses par décennie), tandis qu’elle a explosé dans des zones plus pauvres, comme en Afrique australe (environ 400% de croissance par décennie). Le Pr Majid Ezzati de l’Imperial College de Londres, qui a coordonné l’étude, met en cause une « mauvaise transition alimentaire, avec une augmentation des aliments à forte teneur énergétique mais pauvres en nutriments ».

L'obésité en France ne cesse de croître, depuis dix ans au moins, chez les femmes ayant recours à l'aide alimentaire. Telle est la conclusion de l'étude ABENA (alimentation et état nutritionnel des bénéficiaires de l'aide alimentaire) rendue publique ce 17 juin 2014 par l'Institut de Veille Sanitaire (InVS). « Maladie de la société d'abondance ? Sans doute », commente le professeur Arnaud Basdevant, chef du service Nutrition de la Pitié-Salpêtrière (Paris), dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire de l'InVS. « Mais l'épidémiologie nous apprend qu'il faudrait plutôt parler de maladie de la vulnérabilité sociale ». Selon les analyses de l'étude ABENA présentées dans le bulletin, dans la population analysée, la prévalence de l'obésité est non seulement « exceptionnellement élevée par rapport à la population générale » (InVS : Institut de veille sanitaire) (35% vs. 17%), mais elle s'aggrave lentement mais sûrement : 35% en 2012, contre 29% en 2004 dans cette même population. Selon les travaux présentés par l'InVS, le risque d'obésité apparaît associé au niveau scolaire, à l'absence de couverture complémentaire, au type et au lieu de logement, à la situation familiale chez ces femmes, « qui ont plus souvent des enfants à charge, et les élèvent plus souvent seules ». (Ibid)

Les chercheurs se sont également intéressés à l'insécurité alimentaire au sein des foyers étudiés. Selon la définition retenue, cette insécurité existe « chaque fois que la disponibilité d'aliments nutritionnellement adéquats et sûrs, ou que la capacité de les acquérir selon des moyens socialement acceptables, sont limitées ou incertaines ». (Ibid)

Près de 20 % des enfants sont obèses aux Etats-Unis et 15 à 20 % le sont en France. Une étude américaine a mis en évidence un lien entre l'obésité infantile et les revenus des parents. Elle se penche également sur la façon dont ceux-ci influencent les facteurs favorisant l'obésité chez l'enfant, l'alimentation et l'activité physique. Sachant qu'un enfant obèse a de forts risques de devenir un adulte obèse, on mesure l'enjeu d'une meilleure compréhension des facteurs qui favorisent l'obésité et l'importance d'une politique de prévention axée sur l'alimentation et l'activité physique. N'oublions toutefois pas que l'obésité est une maladie essentiellement génétique afin de ne pas trop culpabiliser les enfants en surpoids.

- Et le foie dans tout ça ?

Le foie est comparable à une usine de traitement et d’épuration des molécules biochimiques et chimiques qui circulent dans le sang. Le foie est un organe de stockage qui transforme les sucres absorbés en graisses : des graisses nécessaires pour avoir de l'énergie et faire fonctionner son cerveau. Il s'agit d'un mécanisme physiologique normal de l'organisme. Toutefois, on parle de stéatose lorsqu'il y a une accumulation anormale de graisses dans les cellules du foie. « Et cette stéatose (qui reste un signal d'alerte quel que soit son stade) peut devenir pathologique lorsqu'elle est excessive et évolutive, c'est-à-dire quand il y a une surcharge en graisse, qu'il y a des complications hépatiques et qu'elle est associée à une inflammation du foie : c'est ce qu'on appelle la NASH (Stéato-Hépatite Non Alcoolique ou maladie du soda » (Pr Patrick Marcellin, hépatologue à l'hôpital Beaujon). La stéatose est de plus en plus fréquente dans notre pays et concernerait presque 1 Français sur 4. Et 20 à 30 % d'entre eux présenteraient une stéatose-hépatite non alcoolique. Plusieurs études ont d'ailleurs montré que les nombres de cirrhoses, de cancers et de transplantations du foie étaient en nette augmentation au cours des dernières années, « ce qui est évidemment lié au nombre de NASH en hausse », précise le spécialiste. Statistiquement, cette maladie concerne surtout les hommes de plus de 50 ans, mais aussi les femmes après la ménopause. Mais depuis quelques années, la NASH s'observe également chez des patients de plus en plus jeunes qui ont une surcharge pondérale, un régime alimentaire "à l'américaine" ou peu équilibré ou certains facteurs de risques. Une personne ayant une surcharge pondérale - même légère - du diabète, du cholestérol, des triglycérides, ou de l'hypertension artérielle, a plus de risques de développer une NASH.

La cause de cette maladie et de son explosion : « notre mode de vie alimentaire actuel (consommation de malbouffe, de fast-food, de produits industriels, de déjeuners sur-le-pouce… ainsi qu'une position assise et une sédentarité au travail) fait qu'on absorbe plus, voire trop, de sucres qui peuvent s'accumuler dans le foie », argumente l'expert. Et il faut savoir que le sucre est lié à un phénomène d'addiction, d'autant plus avec l'effervescence des produits light ou « zéro » qui, comme ils contiennent des faux sucres et des édulcorants, n'alertent pas les centres de satiété du cerveau comme le ferait le « vrai sucre », stimulent l'appétit et nous incitent à consommer encore plus de sucre. Et comme « plus on avale de sucres, plus on a envie d'en consommer », les stéatoses sont de plus en plus fréquentes. De plus, nombre d'aliments que nous consommons quotidiennement, ne semblent a priori pas sucrés, mais en contiennent énormément. Il s'agit des produits industriels, des jus de fruits, des sauces, des pains de mie, des produits diététiques ou encore des poêlées de légumes préparées....

« Il n'y a pas de traitement spécifique pour soigner une NASH », confirme le spécialiste, avant d'ajouter que « seul le fait de modifier son hygiène de vie (manger moins gras, moins sucré, faire plus d'activité physique, marcher plus) permet de faire fondre la graisse du foie et ainsi d'améliorer les facteurs de risques ».

A revenus faibles, poids en hausse, alimentation moins saine et activité en baisse

=

risque accru de NASH.

- Qui achète bio ?

En 2016, près de 9 Français sur 10 (89%) ont consommé des produits bio, ils sont 7 sur 10 à affirmer en consommer régulièrement soit au moins une fois par mois et 15% toutes les deux semaines. On est loin des chiffres de 2003 où ils n’étaient que 54% à consommer de la bio. Aujourd’hui seulement 11% des Français déclarent ne jamais consommer de produits bio. Cette évolution correspond aux besoins et attentes des Français d’une agriculture respectueuse de l’environnement, du bien-être animal et tournée vers le développement territorial afin de favoriser l’emploi. Préserver sa santé est également une des principales motivations des consommateurs de produits bio.

Même si les femmes restent les principales consommatrices de produits bio, leur pourcentage ne s’élève plus qu’à 55% en 2016 contrairement à 2014 où ce chiffre atteignait 87% ! Le consommateur de la bio a un âge moyen de 49 ans. Les 18-34 ans sont ainsi 25% à acheter bio, les 35-49 ans 26%, les 50-64 ans 26% également et les 65 ans et plus 23%.

Au niveau géographique, les acheteurs de produits bio demeurent majoritairement urbains et sont plus nombreux au Sud-Est (25%) qu’au Sud-Ouest (11%) et l’Ile de France comptabilise 21% d’acheteurs bio, le Nord-Ouest 22%, et le Nord-Est 21%.

Contrairement aux idées reçues selon lesquelles la bio ne serait réservé qu’aux plus aisés, il est intéressant de noter que ni le statut social ni la situation financière ne sont des critères déterminants dans la consommation de produits bio. Ainsi les inactifs représentent la majorité des consommateurs du bio (40%), loin devant les CSP aisées (31%) et les CSP moins aisées (29%).

Contrairement aux consommateurs conventionnels qui ont pour habitude de faire leurs courses dans le même supermarché, les consommateurs de la bio varient leurs lieux d’achats. Ainsi, 80% des consommateurs bio s’approvisionnent en grandes et moyennes surfaces, mais près de 30% se rendent également dans les magasins spécialisés, au marché et chez les artisans. Enfin, ils sont 18% à faire leurs achats à la ferme et 8% dans un drive.

Doit-on réellement s’étonner des résultats de l’étude, publiée le 22 août, de l’UFC-Que choisir sur les marges incroyables pratiquées par les GMS (grandes et moyennes surfaces) sur le bio ? La réponse est non. Pensiez-vous que les GMS se soient engouffrées sur ce marché avec comme objectif le soutien à une agriculture plus durable, au monde paysan en pleine déliquescence, tout en s’engageant vers la démocratisation du manger mieux ? Cette étude nous prouve une fois de plus que la grande distribution conforte l’idée que bien manger est réservé aux riches. Qu’elle persiste dans ce qui a fait son succès : faire la poche des pauvres en leur vendant des bombes caloriques pas chères, se faire celle des agriculteurs qu’elle exploite depuis toujours. La grande distribution a laissé le bio se développer jusqu’à pouvoir le tenir entre ses mains : elle commence à négocier les prix avec des agriculteurs qui pensaient que le rapport de force était en leur faveur sous prétexte que la grande distribution avait besoin d’eux. Ce n’est plus le cas. Faute d’une production suffisante, les agriculteurs français sont mis en concurrence avec leurs collègues d’Europe de l’Est, d’Espagne, d’Italie, de Chine. Le temps où ils fixaient leurs propres prix approche de la fin. Ils découvrent que pour les GMS, ce qui compte d’abord, ce sont les volumes et les marges.

Nous restons persuadés que l’industrialisation de l’agriculture biologique est néfaste pour les consommateurs, pour les paysans, pour le bio tout simplement. Que le bio (comme l’agriculture de qualité, agronomique et sociale) est antinomique dans sa philosophie et ses principes à la logique purement prédatrice de la grande distribution. Un produit biologique issu de la grande distribution est-il « moins bio » que celui provenant d’un magasin spécialisé ? À priori, non. La présence des labels français ou européens certifie que le produit répond aux normes du cahier des charges biologique, c’est-à-dire cultivé et produit sans l’utilisation de pesticide, d’engrais, d’OGM, ni d'usage excessif d'antibiotique (pour le bétail). Toutefois, un produit bio est censé répondre à un principe d'ordre éthique et plutôt cultivé ou transformé sur le territoire français. Outre l’absence de pesticides et produits phytosanitaires, le bio est une philosophie et les industriels s’en lavent bien les mains. Les conditions précaires des travailleurs ou encore l’utilisation systématique de certains additifs tolérés dans l’agriculture biologique sont d’usage chez les géants de l’industrie. 

Dans la mesure du possible, développons des alternatives, rapprochons-nous des producteurs soucieux de la terre et des humains, les agriculteurs qui travaillent avec les sols et les arbres, et engageons-nous dans des Amap, les épiceries bio indépendantes, ou toute autre forme de groupements d’achats, sans oublier les marchés de producteurs, ni les magasins de centre-ville à taille humaine. Achetons chez des fournisseurs dont le catalogue est exclusivement bio, ne faisons pas le jeu des grandes marques qui se rachètent une virginité en produisant une ou deux références bio parmi des centaines de produits saturés de conservateurs, d’additifs qui génèrent des dépenses de santé colossales. Ne soyons plus dépendants de la grande distribution, réapproprions-nous notre consommation. Cette problématique n’est pas uniquement citoyenne, elle est aussi politique. Nous ne sommes pas des adeptes de la théorie du colibri : « chacun fait sa part » ne suffit pas, car à la fin de la légende, l’incendie court toujours… Les initiatives d’individus, d’associations, d’entreprises, d’agriculteurs et de communes sont légion, mais elles ne suffisent pas. C’est le rôle du politique d’en démultiplier l’effet, c’est son obligation de dire de quoi l’avenir sera fait en fixant des règles claires et donnant les moyens de les respecter.

Certes, au niveau national, ce n’est pas simple. Les états généraux de l’alimentation n’ont pas répondu aux attentes des acteurs de l’alimentation, la loi Egalim non plus. L’Etat a tout de même mis en place les plans d’alimentation territoriale (PAT) : en permettant aux collectivités de définir leur bassin d’alimentation, ces plans leur ont offert un levier politique pour conserver les sols et orienter les pratiques agricoles. Ce n’est pas suffisant, il faudrait que l’Etat et l’Europe soutiennent les agriculteurs agronomes, dont les bio, par les prix et des subventions adossées à l’entretien des paysages que cette agriculture assure. Il y a plein de possibilités (Libération, 2019).

Pour près de neuf consommateurs sur dix, le prix des produits biologiques reste le principal frein à l’achat. Toutefois, selon les données du Credoc, une relative «démocratisation» de la consommation des produits bio serait à l’œuvre, puisque plus de la moitié (52%) des personnes disposant de moins de 900 euros nets par mois étaient des acheteurs réguliers ou occasionnels de produits estampillés bio en 2010, contre seulement 20% en 1995. Toutefois, les personnes en grande précarité avec un revenu inférieur 700 euros et bénéficiant de l’aide alimentaire (Resto du Cœur, Secours Populaire, Banque alimentaire, Croix-Rouge…) n’ont pas du tout accès à l’alimentation bio.

- Etat des lieux de la qualité nutritive de l’alimentation distribuée par l’aide alimentaire.

Les stocks disponibles dans les banques alimentaires ou autres lieux de distribution permettent sans beaucoup de mots d’illustrer la situation : les boîtes de crèmes desserts, de riz au lait, de gâteaux de semoule sont présentes en abondance. Même chose pour le pain de mie ou les féculents. En revanche, difficile souvent de trouver de la viande, des légumes ou encore des fruits. En résumé, la distribution moyenne répond mal aux besoins nutritionnels.

La question de la provenance des denrées est directement en cause : structurellement, l’aide alimentaire en France provient des surplus de notre société de consommation. Ils sont constitués des stocks de la politique agricole commune de l’Union européenne (33 %), des invendus de la grande distribution (30 %) et des dons des particuliers à l’occasion des grandes collectes annuelles à la sortie des supermarchés (23 %). Des dons qui ressemblent souvent aux réserves faites en temps de guerre : de l’huile, du sucre, des pâtes… Dans le cas de la grande distribution, ces produits sont issus des invendus, avec une saisonnalité des stocks qui confine souvent à l’écœurement : ainsi quelques jours après des fêtes de Pâques, ce sont chaque année des tonnes de lapins en chocolat ou d’œufs qui atterrissent dans les chariots des bénévoles en charge de la « ramasse ». Dans le jargon de l’aide alimentaire, ce terme désigne la collecte des denrées dans les supermarchés. Même chose pour les bouteilles et canettes de soda toujours présentes en abondance.

De nombreux travaux montrent le lien entre précarité économique et alimentation de mauvaise qualité, pouvant engendrer des problèmes de santé (obésité, diabète, etc.). Parallèlement, la consommation de produits biologiques présente des intérêts en termes de santé qui sont aujourd’hui reconnus.

« L’alimentation biologique et les circuits courts sont-ils réservés aux classes les plus aisées ?
Si l’accessibilité des produits biologiques peut être limitée par différents facteurs, des réponses adaptées existent, par exemple : des tarifs sociaux pour réduire le prix, des cours de cuisine pour se reconnecter à l’alimentation, ou des actions en zones rurales isolées ou zones urbaines sensibles pour lutter plus localement contre l’exclusion alimentaire… La mise en place de projets d’accessibilité sociale et géographique de produits biologiques via des circuits de proximité apparaît donc comme une réponse aux inégalités et une politique publique pertinente, car transversale et cohérente. Complémentaires à l’introduction de produits bio en restauration collective, de telles initiatives permettent de toucher plus largement la cellule familiale autour d’une réflexion sur l’alimentation, envisagée dans sa globalité. Ces initiatives permettent de répondre à des enjeux à la fois sociaux et de santé publique autour de l’alimentation bio, en les reliant aux enjeux économiques et environnementaux du territoire »(Agnès Thouvenot. Aide alimentaire : les pauvres doivent-ils être condamnés à manger les surplus de notre société de consommation, in Sens-Dessous 2013/2 (N° 12), pages 43 à 50).

- Les principaux résultats de l’étude Abena 2011-2012 :

En 2003, le gouvernement a commandé une étude sur l’Alimentation et l’Etat Nutritionnel des Bénéficiaires de l’Aide alimentaire (ABENA). L’Observatoire régional de santé Île-de-France (ORS), l’Unité de surveillance et d’épidémiologie nutritionnelle (Usen, unité mixte de l’Institut de veille sanitaire et de l’Université Paris 13), l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) et la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) se sont associés pour la réalisation de ce travail.

Les résultats, publiés en 2005, indiquaient que l’état sanitaire des bénéficiaires de l’aide alimentaire comparé à celui de la population générale était significativement dégradé, associant des apports alimentaires globalement insuffisants, des carences multiples simultanées à des taux élevés de pathologies telles que l’hypertension artérielle ou l’obésité. Une deuxième édition de cette étude a été réalisée en 2011-2012.

Elle actualise la description des profils socioéconomiques, les habitudes alimentaires et les marqueurs de l’état de santé des bénéficiaires de l’aide alimentaire, et permet de décrire les évolutions intervenues depuis 2004-2005.

  • L’état de santé des usagers de l’aide alimentaire demeure préoccupant avec des prévalences des pathologies liées à la nutrition (obésité, hypertension artérielle, diabète, certains déficits vitaminiques) particulièrement élevées. Par exemple, 35% des femmes recourant à l’aide alimentaire étaient obèses en 2011-2012, soit le double de ce qui est observé en population générale. Néanmoins, l’évolution favorable de certains marqueurs biologiques de l’état nutritionnel, comme la baisse de l’anémie par carence en fer, encourage à poursuivre les actions entreprises pour améliorer l’organisation de l’aide alimentaire (quantité et diversité des aliments proposés, choix donné aux usagers…).
  • L’étude souligne des consommations faibles de certains groupes d’aliments alors qu’ils sont recommandés pour leur valeur nutritionnelle. Il s’agit, en particulier, des fruits et légumes et des produits laitiers moins consommés par les bénéficiaires de l’aide alimentaire qu’en population générale. Cependant, de légères améliorations ont été observées depuis 2004-2005,
  • L’aide alimentaire est la principale source d’approvisionnement pour de nombreux types d’aliments. Plus de la moitié des usagers des structures distribuant des denrées à emporter déclaraient avoir recours exclusivement à l’aide alimentaire pour se procurer des produits non périssables (pâtes, riz, farine, etc.), des conserves ou du lait UHT. Cette proportion a doublé depuis 2004-2005 pour les produits non périssables. La moitié des bénéficiaires (51%) ont eu recours à l’aide alimentaire depuis plus de deux ans. Ils étaient 34,5% en 2004/2005.

Enfin, l’étude rappelle l’hétérogénéité des profils des usagers de l’aide alimentaire et leurs conditions de vie difficiles, en termes de situations familiales, d’emploi, de logement, ainsi que de renoncement aux soins. Elle souligne la nécessité d’adapter l’aide alimentaire aux publics qui y ont recours et qui varient selon les territoires.

A quoi servira l'argent collecté ?

Les sommes collectés lors de cette campagne de crowfunding serviront à l’aménagement du terrain et à l’achat d’arbres, d’arbres fruitiers ainsi que de petits fruitiers, de semences bio, pour produire des légumes, des fruits et petits-fruits, puis, l’achat de matériaux, matériels et outillages nécessaires rénover la bergerie.

Notre équipe

- Marie BIRLICHI, 60 ans, titulaire d’un Master en agronomie - Productions végétales, spécialisée en agroécologie-gestion des ressources, maraîchère durant 3 ans, ex-enseignante contractuelle en agronomie, sans emploi depuis septembre 2016 et bénéficiaire du RSA depuis novembre 2017. Marie est présidente de l'association.

- Maider BIRLICHI, 25 ans, employée au téléphérique du Pic du Midi de Bigorre. Maider est secrétaire/trésorière de l'association.

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