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Ce journal, diffusé à 16 000 exemplaires et gratuit peut aussi être obtenu sur simple demande d’abonnement, sans contrepartie financière mais votre aide nous sera d'un grand soutien.






Les Allumés du Jazz


Un beau jour de janvier 1995, dans le sud de la France, un groupe de producteurs phonographiques indépendants, tendance jazz, se réunissait afin d’envisager enfin une manière plus collective, plus musicale aussi, d’échanger à propos de leur activité déjà en proie à une dévastation n’ayant guère ému l’industrie musicale. Celle-ci ne s’était, par exemple, guère souciée de se battre pour le très significatif prix unique du disque pourtant réclamé qui aujourd’hui fait dramatiquement défaut (à l’inverse des éditeurs littéraires l’ayant obtenu pour le livre 14 ans plus tôt). Il paraissait indispensable d’entamer une réflexion collective qui n’avait que trop tardée et envisager une sensibilisation meilleure des musiques dites de jazz dans leurs différentes formes esthétiques et leur environnement social. 

Ainsi furent immédiatement réalisé un livre retraçant l’histoire de la production indépendante en France et son état des lieux en 1995, une opération commerciale chez tous les disquaires de France mettant en avant la production indépendante en cours. Puis ce fut la création du journal Les Allumés du Jazz, prompt à se faire l’écho des préoccupations créatives, politiques, philosophiques, économiques des producteurs et musiciens sans oublier une bonne dose d’humour. Ce journal, diffusé à 16 000 exemplaires et gratuit peut-être obtenu sur simple demande d’abonnement. Les Allumés du Jazz organisent aussi des journées thématiques, des concerts, des stands itinérants sur les festivals, sont dotés d’un site internet d’information et de vente en ligne et d’une boutique, lieu de vente, de rencontres et d’animations au Mans. 

Les profondes mutations de ces dernières années ont fait évoluer les profils des différentes unités. Aux côtés des producteurs phonographiques, on trouve également des musiciens, des collectifs de musiciens, des studios, des salles de diffusion, des festivals… tous fédérés par la diffusion des musiques enregistrées dont le disque, que l’ont dit physique, reste - malgré tout - le premier des supports. Les Allumés du Jazz sont devenus de fait une structure au sein de laquelle l’ensemble des acteurs du jazz et de ses cousines improvisées sont présents. La production phonographique, au-delà de la fixation de l’œuvre, possède plusieurs attributs : carte de visite pour les uns, œuvre intrinsèque pour les autres ou encore objet soit documentaire soit conceptuel. L’arrivée de nouveaux supports génère aussi d’autres types d’écoutes et par la même d’autres définitions du phonogramme. 

Confrontés à la baisse alarmante des revenus des ventes, aux mutations technologiques et autres bouleversements infligés à la musique par le « tout économique » ou l’institution, les 60 labels indépendants des Allumés du Jazz, plutôt que de palier à un défaut de distribution, en attendent davantage, 22 ans après leur création, d’être le garant d’une représentation solidifiée et collective de la défense d’une libre pratique artisanale pour que la musique puisse vivre de ses réelles imaginations … tout simplement.