Lettre appel aux dons, Damien

par Les Oursins* - Enfants des Trottoirs

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Lettre appel aux dons, Damien

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Lettre appel aux dons, Damien - Les Oursins* - Enfants des Trottoirs

Vous me connaissez un peu, beaucoup ou pas du tout ? Je suis Damien, le mari d’Aurore depuis 22 ans. Donc si vous faites le calcul, oui, je



Vous me connaissez un peu, beaucoup ou pas du tout ? Je suis Damien, le mari d’Aurore depuis 22 ans. Donc si vous faites le calcul, oui, je l’ai épousée alors qu’elle était engagée dans l’humanitaire depuis déjà quelques années. 
Pour elle et les Oursins qui célèbrent 25 ans d’existence comme d’action, je me lance un défi, avec mon fils Louis-Paul. Je vais vous raconter pourquoi je sais que je dois le faire.

Tout commence par « il était une fois »… une ludothèque pour enfants des rues ! Quand vous connaissez la détermination d’Aurore, son charisme comme sa volonté, vous comprenez pourquoi il m’a semblé comme une évidence de la suivre au bout du monde en 1999. Et depuis, nous vivons au rythme de la fondation, ici, aux Philippines, moi prof de philosophie et elle humanitaire. Un début de vie de couple dans une pièce au-dessus d’un bidonville dont je garde un merveilleux souvenir « chaleureux »… plus tard, bien plus tard j’aurai le bonheur d’acheter une maison comme notre refuge, notre ile, enfin quand des enfants ou des volontaires n’y viennent pas ! Me voilà le témoin au quotidien d’une véritable aventure. 

La fondation a donné sens à ma vie, une vie de partage, de grandes joies et de grandes peines, une vie émotionnelle, sans aucun doute pour le meilleur et pour le pire.

L’humanitaire particulièrement pour les porteurs de projets, c’est du lundi au dimanche de 6 heures à 21h. Les breaks et les plages paradisiaques, vous oubliez les premières années. Pour le week-end, il a fallu du temps pour imposer des pauses. Et pour les vacances, merci à la famille qui a commencé à débarquer de France : pour eux, le départ en province s’imposait enfin. Être humanitaire, c’est penser et vivre son engagement du lever au coucher. La nuit aussi, temps où l’on s’inquiète pour un enfant en danger , une sortie de prison tant espérée, un projet à finaliser. Pas facile, et parfois, j’ai été à bout de souffle. 

Imaginez qu’Aurore a commencé du temps du fax et des communications internationales coûteuses... Les retours annuels en France étaient, je le réalise davantage maintenant, une grande source de stress pour le management d’une équipe à 12.000 km, pour collecter assez de fonds pour combler et continuer. 

Témoin, j’ai la chance de pouvoir être derrière l’appareil photo ou une caméra, quand je peux participer à un déplacement sur le terrain ou une fête des Oursins. Aurore n’aime pas les photos ou les films en général et encore moins être filmée “en action“ : elle considère à raison que les actions humanitaires ne sont pas un spectacle, que nous devons rentrer dans la vie du terrain avec respect et laisser à ces hommes, ces enfants qui n’ont plus rien, leur dignité.

Je peux surtout filmer sans l’agacer quand c’est un moment de fête ; et encore sur la pointe des pieds, pour préserver l’intimité de ce moment. Bref, pas toujours facile de trouver sa place, mais si je ne repars finalement pas souvent avec des photos ou un film, quel bonheur de partager ce spectacle de la vie qui renait, espère. 

Les années filent. Si le rythme d’Aurore a changé, la qualité de son travail est toujours là ! Sa ténacité après 25 ans à croire que c’est possible quand tout semble dire le contraire, parfois cela effraie mon esprit rationnel ! Les humanitaires ont cette force de penser d’une autre manière qui nous échappe grandement. Cela part d’une évidence : « il faut le faire! ». Le « comment ? » « par quels moyens ?», cela passe après… 

De son premier centre de jeux il y a 22 ans, ses rénovations, ses constructions, son travail en prison, ses toits offerts, ces centaines d’enfants qui jouent pour la première fois, ses sorties au cinéma et au musée, ses centaines de distributions de nourritures et de produits d’hygiène pendant ces 20 mois de Covid, ou à ces carabaos achetés, à chaque fois je me dis, mon Dieu, comment va t-elle faire ? Et je la vois y aller sans prétendre se poser de questions (mais en perdant le sommeil), pas de questions qui pourraient fâcher ou stopper l’élan… Oui c’est fatiguant et très souvent angoissant mais que c’est magnifique tous ces accomplissements réalisés, ces bouts de vies changées, ces sourires, ces éclats de rire ou encore la sublime larme du bonheur ! 

Nos plus vieux Oursins ont aujourd’hui 30 ans passés. Ils aiment raconter leurs souvenirs d’enfance, les seuls semble-t-il, ceux que leur ont offert les Oursins! Ces moments, je les ai vécus des centaines de fois, moi le témoin de ces danses fabuleuses, de ces anniversaires enthousiastes, de ces Noëls émerveillés, de ces journées sur le terrain au titre d’accompagnant, bénévole de la première heure, chargé de communication, trésorier. J’ai tout entendu sur Aurore. Je l’ai vue beaucoup pleurer, mais toujours se relever plus combative que la veille. J’ai parfois eu très peur pour elle, aussi bien physiquement, entre menaces de mort et épuisement, que moralement, mais les blessures reçues engendrent sa colère qui se transforme en une action qui semblait peu probable…

Parfois pas facile de vivre avec une humanitaire, pour toute la famille ! Car nous avons été bousculés, participant malgré notre fatigue, notre lassitude à une vie de communauté  non souhaitée : 2 ans à vivre 24h/24 avec plus de 20 enfants et jeunes… alors que notre fils n’était qu’un bébé, ou encore récemment à devoir récupérer des jeunes volontaires à la maison quand le confinement philippin exigeait les plus grandes précautions. Mais voilà, le catho que je suis a sans doute besoin de se faire rappeler que les belles paroles conduisent impérativement à l’action !

L’humanitaire est un peu seul au monde, et les journées semblent éternelles ou trop courtes, mais au final qu’il est dur ce métier. On le croit fait seulement couvert de compliments, d’admiration, alors qu’il est d’abord fait de dénigrements, menaces, portes claquées, des accomplissements balayés en une nuit par un mauvais coup de vent ou trop de pluie, un long dossier de subvention refuse… Abattue pour quelques heures, qu’importe Aurore y va… et commence sans un sous. Un métier entouré de clichés, de préjugés, Aurore pense qu’il est aussi de son devoir de lutter contre ces stéréotypes du travailleur humanitaire que souvent beaucoup confondent avec le missionnaire. Et idem pour les clichés sur la pauvreté. Non celle-ci ne rend pas meilleur ni moins bon ; elle est un état socio-économique, ni une qualité ni un défaut donc.
La joie et l’espoir entre ces coups du sort sont là et ce sont eux qui offrent sens et satisfaction. Oui, la joie et l’espoir sont au fondement même de notre existence ! Ce sens est plus important que la tâche elle-même, dit-elle… Voilà, Aurore reste là. Elle a parfois dit qu’elle s’arrêtait, fatiguée de cette vie de demandes et de sollicitations financières. Ce n’est pas le terrain qui épuise mais l’administratif et cette nécessité de faire l’aumône. Qui donne encore à la quête le dimanche ? Geste désuet ? Ceux qui donnent, le font chaque dimanche, oui, car ils savent à quel point cet acte est à répéter. Mais pour celui qui demande, et demande encore, la position n’est pas évidente. Alors Aurore a mis souvent son orgueil de côté malgré l’indifférence par l’absence de réponses : elle veut souligner uniquement les retours positifs et les retenir ; le reste elle en souffre, mais le balaye avec une journée avec les Oursins. Les interrogations évidemment demeurent mais Aurore a avant tout une admiration sans failles pour ces centaines de personnes qu’elle a rencontrées et qui la soutiennent.

Son optimisme la pousse à croire qu’un nom de plus peut s’ajouter à sa liste de donateurs, et c’est cette personne ajoutée à tous les autres qui fera la différence.

Aujourd’hui, âgée de 50 ans, le personnage n’a pas beaucoup changé… Aurore est toujours prête à tout recommencer ou commencer ailleurs, là où l’espoir s’est tari. Car au final c’est ça, comme elle le dit depuis toujours, ce qui donne la force à un être humain. L’espoir ! L’espoir que la fatalié puisse changer ! On se demande pourquoi elle fait ça ? Qu’est-ce qu’elle cherche ? Est-ce que c’est utile au final ? Ces questions la mettent hors d’elle-même car évidemment, si vous avez passé une journée avec les Oursins vous savez que tout est là ! Et puis pourquoi mettre de l’énergie à s’interroger sur elle quand il faudrait prendre ces énergies pour apporter des solutions sur le terrain. 

Elle se dit à la recherche d’un bout de bonheur pour chacun car il lui semble légitime de l’offrir au moins une fois dans une vie d’enfant.

Pas facile à comprendre de l’extérieur ? De l’intérieur tout autant ! Notre fils aujourd’hui de 14 ans a parfois été triste, jaloux  quand sa maman n’avait pas assez de temps pour lui. Il a exprimé le sentiment qu’elle se battait pour une cause perdue : à elle seule, elle ne peut pas résoudre tous les problèmes de ces enfants. Mais il s’entend répondre le moto de sa maman : « tout ce qui est donné n’est plus à donner. Et celui qui a reçu peut donner à son tour ». Aurore, n’est pas seule, vous êtes là ! Alors Louis-Paul est avant tout fier de la voir offrir du bonheur là où il n’y a même plus de quoi manger ou se laver. 

Maintenant il sait que sa maman a besoin de son Noël avec ses Oursins pour vivre son Noël auprès de nous. Il sait aussi que son anniversaire est complet si elle peut le partager avec des Oursins. Et moi en tant que papa, je suis fier de voir mon fils partager ses anniversaires comme ses Noëls avec sa maman, ou partir en vacances à faire des missions. Quand on lui demande ce qu’il fera plus tard, car il est passionné par la protection animale, il ajoute aussi souvent qu’il verra, car il y a aussi les Oursins à poursuivre… 

Voilà, pour cette histoire que je vous dévoile, je sais qu’il faut une nouvelle fois agir pour continuer cette vie de mille succès. La situation est critique pour la fondation : les opérations de recherches de fonds ont été nulles ou quasi nulles pendant des mois. Des bénévoles acharnées en France, à HK où à Singapour ont maintenu l’espoir malgré la situation sanitaire ; et je les remercie car j’ai vu Aurore ainsi s’illuminer pendant ces 20 mois sombres de confinement strict que nous avons traversés. Je sais que nous sommes tous endommagés par ce virus qui a perturbé nos repères de temps, d’échanges, d’argent. Mais le Covid a rappelé à chacun de nous à quel point nous nous manquons les uns les autres. Là est l’importance de la Vie. 

Alors je vous demande à chacun de me donner l’occasion d’offrir à Aurore, la chance de pouvoir continuer à offrir des bouts de vie de bonheur et d’espoir à des centaines d’enfants, encore et encore. Tout les centres ont été fermés avec le confinement. Tous ! Comme les écoles, comme les centres de sports et de loisirs. Nous devons réouvrir et reprendre nos activités initiales. Nous ambitionnons de bâtir une nouvelle ludothèque.
Je m’adresse à vous, ces volontaires, ces stagiaires, ces visiteurs que j’ai vus si heureux ici et si tristes de partir. Je m’adresse à vous amis, frères scouts, je m’adresse à vous que j’ai croisés.
Mon défi sera sportif, courir 25 km pour ces 25 ans. LINK  Et mon fils m’accompagnera. Mais là n’est pas l’important. Ce défi commence avec vous. Êtes-vous certains de ne pas avoir 5 euros à verser pour une cause qui donne sens, espoir ? A force de s’entendre dire que l’on ne peut plus rien faire avec 5 euros, j’ai malheureusement la triste impression que c’est ce qui empêche des dons financiers à la hauteur de chacun. Noël arrive, oui nous souhaitons fêter ce Noël car c’est un symbole universel : une période qui dit que les enfants sont les rois, une période qui rappelle qu’un seul enfant, ou un seul geste, peut redonner l’espoir à l’humanité ! 

Je vous attends pour eux et pour elle, que nous fêtions non seulement Noël mais qu’à ces 25 ans de travail humanitaire s’ajoute une autre année encore. Merci.
 
Damien Roiland

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06/12/2021
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05/12/2021
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05/12/2021
Formidable travail. Toute mon admiration.
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