LE JARDIN DE LA LAITERIE - Un film documentaire de Marc Weymuller

par Les Petites Caméras, Association de Cinéastes

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LE JARDIN DE LA LAITERIE - Un film documentaire de Marc Weymuller

par Les Petites Caméras, Association de Cinéastes

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Un film documentaire sur l’aventure humaine qui a succédé à la fermeture de la Laiterie Nazart.



Dans le jardin de la  Laiterie Nazart... une aventure humaine qui perdure.

Un film documentaire de Marc Weymuller - 90 mn - Image, son et montage : Xavier Arpino / Marc Weymuller


Cet appel à contribution a pour but de soutenir la production d’un film documentaire réalisé par Marc Weymuller  sur l’aventure humaine qui a succédé à la fermeture de la Laiterie Nazart, une entreprise emblématique de la ville de Fougères, en Bretagne.

Bien des années se sont écoulées depuis sa fermeture en 2005. Et pourtant,  chaque semaine, d'anciens salariés de cette entreprise familiale continuent à se retrouver et à maintenir le lien entre eux...


Résumé du film

Nichée au pied de la ville bretonne de Fougères, en plein quartier historique, la Laiterie Nazart s'est développée pendant plus d'un demi-siècle dans un îlot de verdure. C'était une entreprise familiale où la qualité des relations humaines et le plaisir de travailler ensemble ont toujours primé sur l'intérêt personnel des patrons. Un modèle malheureusement condamné à disparaître. Sa liquidation judiciaire a été prononcée en 2005.

Bien des années se sont écoulées depuis et pourtant, chaque mercredi, d'anciens salariés de la laiterie continuent à se retrouver. Pendant que les uns entretiennent le jardin potager qui alimentait jadis la cantine de l'entreprise, d'autres vont se promener en forêt. Les liens qui les unissent se désagrègent moins vite que les bâtiments. Les souvenirs demeurent. Chacun se souvient de ce qui s’est passé. Ensemble, ils recomposent, fragment par fragment, le récit de la disparition de la laiterie Nazart,  précipitée par des intérêts financiers occultes.

Portés par une mémoire commune qui résiste, ils se retrouvent, saison après saison, et se réconfortent dans cet endroit ouvert sur le miracle de la vie où chacun peut exprimer son besoin profond d'humanité, en marge du monde qui court. La laiterie a fermé, mais l'aventure humaine continue. On n’efface pas une vie de travail comme cela.



Pourquoi un appel à contribution?

Cet appel à contribution nous apparaît comme un moyen simple d'établir un lien direct entre le film et son public, en écartant tout intermédiaire, loin des contraintes, des formatages de fond et de forme induits par les télévisions et le système de financement du cinéma documentaire tel qu’il fonctionne aujourd’hui. 

Nous avons  choisi de faire ce film au fil du temps et en prenant notre temps. Nous avons commencé à filmer en Janvier 2018. Par la suite, durant les années suivantes, nous sommes revenus à chaque saison, douze fois en tout, pour retrouver le jardin de la laiterie et ses occupants. Nous avons fait ce travail de façon bénévole, sans urgence ni contrainte, avec le soutien de quelques amis enthousiastes qui nous ont hébergés durant nos séjours à Fougères.

Aujourd’hui, il nous faut trouver les moyens financiers pour prolonger notre démarche, achever les tournages et entreprendre le travail de montage.

Avec le soutien des Petites Caméras, Association de cinéastes, en collaboration avec l'association Le Tempestaire, nous nous sommes décidés à lancer un appel à contribution pour soutenir financièrement notre démarche.

Nous sommes persuadés qu'il existe un public pour ce documentaire comme ce fut le cas pour tous les films que nous avons réalisés par le passé. Comme l'agriculture biologique de proximité l'a compris depuis bien longtemps, le cinéma documentaire a peut-être beaucoup à gagner en empruntant le circuit le plus court entre créateur et spectateur, du moins en termes de liberté artistique et narrative.

Alors, n'hésitez pas à en parler autour de vous, à partager et à relayer l'information! Nous avons besoin de l'énergie et de l'engagement de chacune et de chacun. Les petits ruisseaux font les grandes rivières !



Marc Weymuller et Xavier Arpino


L’histoire de la Laiterie Nazart

Une entreprise familiale, emblématique d’une époque où la vie et le travail étaient plus mélangés.

Créée dans les années trente, la laiterie Nazart a connu un développement très rapide durant les trente glorieuses. Jusqu’à cent cinquante personnes y ont travaillé quotidiennement. Durant plus de cinquante ans, ce fut une ruche bouillonnante où un fleuve blanc de lait, en provenance des fermes du pays de Fougères s'écoulait chaque jour pour y être transformé en fromages, en yaourts, en caséines et caséinates. Chaque jour, dans les ruelles étroites du quartier, c’était le même chapelet ininterrompu de camions chargés de bidons qui se faufilaient pour accéder à la laiterie. 


Photos © Gérard Fourel

C'était une entreprise familiale, emblématique d’une époque où la vie et le travail étaient plus mélangés. Elle était dirigée par la famille Nazart, dans un esprit humaniste où la défense des intérêts de l'entreprise et des salariés passait toujours avant ceux des dirigeants qui cherchaient avant tout à entretenir un outil de travail qu'ils pensaient nécessaire à la vie de la collectivité. 

Dans les années soixante et soixante-dix, l’augmentation effrénée des volumes de lait obligea l’entreprise à créer et à fabriquer constamment de nouveaux produits sans possibilité de s’agrandir, compte tenu de sa situation enclavée dans la ville basse. Elle fut ensuite confrontée à l’apparition des quotas laitiers puis à la libéralisation des prix, aux pressions sur les marchés exercées par la grande distribution, à la compétition débridée,  aux guerres d’influence et de regroupement des laiteries. Dans ce contexte pourtant si conflictuel, elle résistait pacifiquement, affichant toujours son indépendance, défendant autant qu’elle le pouvait les petits producteurs. 



Une disparition précipitée

Sa disparition fut cyniquement orchestrée par les banques, en accord avec quelques entités syndicales influentes. L’objectif était de faire pression sur les producteurs indépendants de la région, calmer leurs ambitions et permettre au plus gros acteur de la filière laitière d’en tirer tous les bénéfices. Privée du jour au lendemain de trésorerie, la Laiterie Nazart fut contrainte à déposer son bilan. Sa liquidation judiciaire fut prononcée en 2005.



Comme si le temps s’était brusquement arrêté

C’était il y a plus de quinze ans. Et pourtant, aujourd’hui, si les bâtiments de la laiterie ont été vidés de leurs équipements industriels et que plus aucune activité ne s'y déroule, le décor est toujours là. Le fil du temps semble seulement s’être brusquement interrompu. La grande demeure qui abritait jadis les bureaux et l’habitation familiale des Nazart donne l’impression que tout vient de s’arrêter. Tout est encore en place, les dossiers restent suspendus dans les armoires métalliques, les blouses blanches pendent aux porte-manteaux. Dans les chambres, à l’étage, les lits sont encore faits, quelques jouets d’enfants traînent par terre et des portraits d’ancêtres accrochés aux murs, veillent silencieusement sur le calme de la maisonnée. Tout est là, le mobilier comme les objets. Il manque seulement les gens : la famille Nazart et le personnel de la laiterie.


Hélène Nazart

Un jardin refuge

C’est Hélène Nazart qui fut, aux côtés de son frère Jean, la dernière dirigeante de la laiterie. N'ayant pas eu d'enfants, elle y consacra toute sa vie. Lorsque la liquidation fut prononcée, elle refusa de partir. Il était inimaginable pour elle d'envisager un avenir ailleurs. Pour elle, partir, c’était mourir. Alors, elle est restée là, tentant de se reconstruire, dans le secret de sa maison qui n’est séparée des anciens ateliers de la laiterie que par un magnifique terrain arboré qui abrite un foisonnant jardin, à la fois verger et potager. Il alimentait jadis la famille Nazart et la cantine de la laiterie. 

Aujourd'hui encore, on y trouve une grande variété de légumes, de fruitiers, de fleurs et de plantes d’ornementation. Avec l’aide d’un ami apiculteur, Hélène Nazart y entretient même quelques ruches. C’est ce jardin qui lui a redonné la force de se redresser, de se remettre en chemin. Saison après saison, il lui a rappelé la puissance persistante de la nature, il l'a rappelée à la vie, loin de la sauvagerie et de la brutalité du monde économique.



Une aventure humaine au présent

Aujourd’hui, c’est Olivier, un ancien compagnon d'Emmaüs, qui s'occupe de son entretien. Homme libre et marginal, c’est un passionné d’horticulture. C’est aussi un rescapé des combats de la vie qui a trouvé en ce jardin un refuge dont il a fait un royaume. 



Chaque mercredi, d’anciens salariés de la laiterie viennent lui prêter main forte. Ils le font depuis la fermeture de la laiterie, c'est-à-dire depuis plus de quinze ans. Ensemble, ils plantent les salades, arrachent les pommes de terre ou récoltent les haricots. Pendant ce temps, d’anciennes employées du bureau de la laiterie se retrouvent à l’entrée de la forêt de Fougères pour une longue promenade pleine de conversations et de souvenirs partagés. 

Toutes et tous se retrouvent aussi au jardin quand c’est nécessaire pour y effectuer les plus gros travaux, comme la taille des fruitiers ou la récolte des pommes. Ils sont heureux de travailler à nouveau ensemble. Après le labeur, ils se regroupent autour de la table qu’Hélène Nazart a dressée devant chez elle, avec le jardin comme seul horizon. 



Un acte de résistance

Dans leurs conversations, le passé et le présent se mélangent très vite. C’est une vie de travail qu'ils ont partagée ensemble et cette vie-là perdure. Pour eux, le jardin est avant tout un lieu de retrouvailles où chacun peut se sentir vivant, parmi les autres. C’est aussi un refuge, un endroit plein de bienveillance où chacun peut se ressourcer, en marge du monde et du temps qui court. 

Leur volonté de continuer à se retrouver, tant d’années après la fermeture de leur entreprise, est un acte de résistance fort. A la puissance dévastatrice de la logique économique et financière où le plus fort et le plus âpre au gain gagne toujours, au détriment de la nature, du plus humain et du plus généreux, ils opposent une humanité belle et invincible, connectée au vivant.



Itinéraire du film

Ce film est donc avant tout une invitation à partir au fil du temps à la découverte de ce jardin et de celles et ceux qui l’animent. Il se déroule dans le huis clos de cet espace, à proximité des bâtiments de l’ancienne laiterie et de la maison d’Hélène Nazart. Il suit l’évolution des saisons et leurs effets sur la nature, accompagne les activités - plantations, taille, récolte, repas, promenades - et va à la rencontre de celles et ceux qui y travaillent.

Tous se souviennent de ce qui s’est passé. Les bâtiments de la laiterie ont été vidés, certes, mais eux ont travaillé là toute leur vie et leurs souvenirs ne disparaitront pas de si tôt. On peut mettre fin à une entreprise et détruire un outil industriel. Mais on n’efface pas une vie de travail comme cela. Une mémoire collective s'est constituée entre eux et perdure. Les histoires des uns s’ajoutent à celles des autres, elles se complètent et recomposent peu à peu la trame de l'histoire de l’entreprise et de sa disparition.



Le jardin est là pour apaiser le tourment provoqué par la remontée de leurs souvenirs. Ils y reprennent leur souffle et retrouvent la force d’affronter la réalité d’un monde dans lequel ils savent qu’ils sont contraints de continuer à vivre, en attendant que quelque chose change enfin un jour. Et c’est en se reliant au présent du jardin, en renouvelant le lien avec les autres anciens salariés, qu'ils parviennent à reprendre le fil de leur récit. 

A une époque qui ne cesse de révéler l'échec d’un système qui conduit toujours plus à l’épuisement des ressources naturelles et humaines, ils n'ont, comme nous toutes et tous, pas d’autre issue que de s’engager dans la recherche d'un nouveau contrat avec la nature et avec les autres, dans une harmonie retrouvée avec le vivant.



A quoi servira l'argent collecté ?

Ce film sera un long métrage documentaire, d’une durée estimée de 90 minutes, destiné à être projeté en salle, dans les festivals ou dans le cadre de projections privées. Il sera également diffusé sous forme de DVD auprès du grand public, dans le réseau des bibliothèques et des médiathèques et bien sûr disponible en streaming, sur internet.

  • Si nous réunissons 5 000 €, nous pourrons terminer le tournage dans de bonnes conditions et rémunérer une partie du travail engagé par l’équipe.
  • Avec 10 000 €, nous financerons le travail de montage.
  • Avec 12 500 €, nous pourrons engager les frais liés à la post-production : étalonnage et mixage.
  • Avec 15 000 €, nous pourrons verser des droits aux auteurs, aux musiciens et aux photographes qui nous accompagnent dans ce projet.
  • Avec 18000 € et au-delà, nous pourrons  commencer à envisager de rémunérer l'équipe pour le travail engagé durant toute la période de tournage.



Notre équipe

  • Marc Weymuller: Auteur-réalisateur, Opérateur de prise de son, Monteur.
  • Xavier Arpino : Opérateur de prise de vue, Photographe. Il travaille avec Marc Weymuller depuis presque 25 ans...
  • Gérard Fourel : Photographe. Il a photographié la Laiterie Nazart quand elle était encore en activité. Enfant du quartier Saint Sulpice, il a connu cette entreprise dès son plus jeune âge.
  • Philippe Saucourt : Auteur, compositeur, interprète. Il est également  plasticien. 
  • Bruno Fleutelot : Musicien, compositeur. Son travail se concentre sur une forme d'émotion introspective, faite d'épure et de minimalisme, souvent inspirée par l'attente, le souvenir, le vide et l'absence. Il a collaboré avec Philippe Saucourt au sein du groupe Oboken.Leurs compositions accompagnent les films de Marc Weymuller depuis toujours.
  • Absinte Abramovici : Réalisatrice et Productrice. Elle partage son temps entre production, éducation aux images et réalisation.
  • Laure Saint-Hillier : Réalisatrice et Productrice.  Elle est aussi vidéaste et plasticienne. Diplômée en sociologie, elle questionne l'image et son utilisation, en s'attachant à brouiller les frontières entre disciplines. Toutes deux membres des Petites Caméras, association de cinéastes,elles se sont engagées sur ce projet pour soutenir sa réalisation.
  • Benoit Keller : ancien élève de La Femis, il réalise des films documentaires, dirige des ateliers de réalisation et enseigne le cinéma. Auteur, documentariste, membre fondateur des Petites Caméras, association de cinéastes. Son aide et ses conseils, toujours perspicaces et bienveillants, seront précieux. 

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Un grand merci de la part de toute l’équipe !

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