Levenez Babigoù Naoned

Éducation et formation

"Levenez" signifie Joie en breton. L'Association nantaise a pour but de créer et gérer des établissements d'accueil du jeune enfant de 2.5 mois à 4 ans et de développer toutes les activités concourant à ce but. L'accueil en langue bretonne du jeune enfant est une composante essentielle du projet.

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Qui sommes-nous ?

Levenez Babigoù Naoned (joie des bébés nantais, en breton) est une association loi 1901 créée le 18 juin 2021. Elle rassemble au sein de son conseil d’administration des professionnel.les de la petite enfance, des philanthropes, des militant.es culturel.les et des familles. Une dizaine de personnes sont membres de l’association. 

S’appuyant sur des valeurs d’humanisme, de solidarité, de bienveillance, de non violence, de transparence, de conscience écologique, elle promeut la langue et la culture bretonnes. Elle a pour objet de développer des établissements d’accueil du jeune enfant brittophones dans la cité des Ducs et ailleurs dans la Région Bretagne, si le projet rencontre le succès et atteint ses objectifs d’utilité, de qualité de services rendus aux parents, aux jeunes enfants et aux professionnel.les. 

Levenez : pourquoi ce nom ?

Nous avons choisi ce nom (Joie) car il n’y a pas plus joyeux qu’un jeune enfant qui découvre le monde avec émerveillement et gaieté. C’est une source de joie inépuisable et ardente. De plus, ces deux dernières années ont été très éprouvantes pour la société dans son ensemble, aussi il nous apparaît qu’il y a un besoin encore plus important de protéger les jeunes enfants et de leur proposer un cadre et un accueil à la hauteur de leur extraordinaire potentiel.

Levenez est un mot en breton qui est facile à dire (prononcer Lévénéss) et qui contient d’autres mots qui nous parlent autant en breton qu’en français. Dans la langue de Molière, nous y voyons : lève ; élève ; zen ou encore né.e, et en breton : ene (âme), enez (île), evn (oiseau)… Des mots positifs et poéiques.

Levenez est un nom qui brille en lui-même.


Levenez : un projet qui répond à un besoin de la société bretonne

La rupture dans la transmission familiale de la langue bretonne s’est accentuée dans les années 1950. Au même moment, les campagnes se sont transformées, l’agriculture vivrière faisant place à l’agriculture intensive. Ces changements brutaux de société ont entraîné l’abandon massif de la langue ainsi qu’une forte dégradation de l’environnement et les crises sanitaires contemporaines. 

Au moment du réveil culturel symbolisé par le succès du chanteur et harpiste Alan Stivell, ceux et celles qui ont senti que la langue bretonne risquait de disparaître ont créé des écoles en breton en 1978 (écoles associatives parentales Diwan), 1982 (écoles Div Yezh, publiques) et en 1990 (écoles privées Dihun, devenu Divaskell). Aujourd’hui les filières comptent 19 336 élèves en tout. 

Les premiers enfants qui ont été scolarisés dans ces filières, peu nombreux au départ, ont pu avoir des enfants à leur tour à partir du début des années 2000.

Il est difficile de mesurer le taux de transmission du breton au sein des familles depuis l’ouverture de ces écoles. Pour de nombreuses raisons, les anciens élèves et parents potentiels ayant reçu le breton ne le transmettent pas forcément, si tant est qu’ils aient fait des enfants.

Il y a aujourd’hui 225 000 locuteurs du breton (contre 1,4 millions au début du 20ème siècle), dont près de deux tiers ont plus de 60 ans. La société bretonne dans son ensemble (non brittophone et brittophone) est très favorable à une réappropriation du breton. 

Les Bretonnes et Bretons ont été sondé.es fin 2018 en Bretagne (Loire-Atlantique incluse) par l’organisme TMO et ont donné leur sentiment, notamment concernant l’enseignement du breton. Les personnes interrogées soutiennent très manifestement l’enseignement de la langue (67 à 79 % de personnes favorables à très favorables). Il faut savoir qu’en Bretagne, seuls 9,6 % des établissements scolaires sont dotés d’une filière bilingue. Le potentiel de développement est donc très grand. 

Il nous semble indispensable de renforcer tous les pôles d’apprentissage de la langue bretonne pour espérer sauvegarder ce trésor en grand danger : les écoles (de la maternelle à l’université, avec une diversification des parcours), la formation continue des adultes, l’accompagnement des seniors et l’accueil des jeunes enfants. De plus, nous devons aussi œuvrer à ce que les adultes aient confiance dans leurs compétences linguistiques et osent transmettre le breton de nouveau. 

Nous avons mesuré dans la micro-crèche de Saint-Herblain créée en 2017 que les parents sont tout à fait rassurés quant à l’enseignement en breton quand ils ont été usagers d’un service d’accueil en breton de leur jeune enfant. En 2019, parmi les enfants qui allaient quitter l’établissement pour entrer à l’école, 10 sur les 11 ont été inscrits dans une filière bilingue1 par leurs parents.

Le retour des enseignants est excellent car les enfants qui viennent de la micro-crèche sont moteurs, relativement autonomes et comprennent déjà énormément de choses. Nous en avons conclu que notre accueil du jeune enfant en breton, non seulement lui est bénéfique au niveau cognitif mais favorise également une adaptation harmonieuse au système scolaire immersif proposé à la maternelle. 

Un autre aspect important est d’accompagner les parents qui le souhaitent sur le chemin de la langue (par le biais d’ateliers de découverte, de cours de langue, de conférences sur le bilinguisme et autres). En effet, trop de parents qui ont décidé d’inscrire leur enfant dans une filière brittophone se mettent à s’interroger (ou à s’effrayer) au moment où leur enfant entre dans l’apprentissage de la lecture. Aussi, les deux ou trois années que dure l’accueil du jeune enfant en structure nous semble le moment de renforcer le lien de toute la famille avec la langue bretonne.

Peu d’acteurs à ce jour se sont engagés dans la création d’établissements d’accueil du jeune enfant brittophones : Kerbihan à Vannes (2011, 10 places), Youn ha Solena à Saint-Herblain (2017, 10 places) et Bisigoù à Rennes (2019, 16 places). 

Nous considérons que cette filière est essentielle à la préservation et au développement économique et sociétal du breton.

Levenez : nos valeurs

Voici les objectifs de notre association tels que nous les avons définis dans nos statuts :

« L'Association a pour but de créer et de gérer des Établissements d’Accueil du Jeune Enfant de 2,5 mois à 4 ans et de développer toutes activités concourant à ce but. L'accueil en langue bretonne du jeune enfant est une composante essentielle de son projet.

Levenez Babigoù Naoned, en créant des Établissements brittophones d’Accueil du Jeune Enfant, prône des valeurs d’humanisme, de solidarité, de bienveillance, de non violence, de transparence, de conscience écologique, d’engagement citoyen et participe au rayonnement de la culture bretonne et de son patrimoine. Levenez Babigoù Naoned entend fournir un service de haute qualité aux enfants et à leurs familles. Chaque membre du collectif s’engage à défendre ces valeurs à son niveau.

L'intérêt collectif défini en préambule se réalise notamment à travers les activités suivantes : 

  • La création et la gestion d’Établissements brittophones d’Accueil du Jeune Enfant (crèches et micro-crèches, Maisons d’Assistantes Maternelles), sur le territoire de la Bretagne, Loire-Atlantique incluse ;
  • La fabrication de matériel pédagogique et de puériculture destiné aux familles utilisatrices et au grand public, notamment grâce à des partenariats avec des partenaires artisans (doudous, petits vêtements, matériel pédagogique en breton, jouets au nom de la structure, par exemple) ; 
  • L’accompagnement à la parentalité, au bilinguisme, par le biais d’interventions de professionnel.les salarié.es de la structure ou invité.es (psychologues, accompagnant.es au handicap, etc.) ;
  • La contribution à la formation initiale et continue du personnel petite-enfance en langue bretonne par le biais d’accueil de stagiaires et d’apprenti.es ;
  • La contribution à l’égalité femme-homme par la réflexion sur le recrutement, les pratiques du personnel sur les questions de genre et le matériel utilisé.

Levenez a le potentiel de proposer le breton aux jeunes enfants partout en Bretagne. Le travail avec les centres de formation professionnelle et les écoles maternelles et primaires seront des voies de développement.