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Maisons de la Sagesse –Traduire

Réinventons les Maisons de la Sagesse, lieux de traduction comme savoir-faire avec les différences : une nécessité politique aujourd'hui!

Les Maisons de la sagesse sont un réseau de lieux et d'actions, centré autour de la traduction  et constitué en association de 1901.

"La langue de l'Europe, c'est la traduction", disait Umberto Eco. C'est peut-être même la langue du monde !

L'idée des "Maisons de la sagesse-traduire" est venue comme une suite naturelle de l'exposition "Après Babel, traduire", au Mucem de Marseille (décembre 2016 -mars 2017). On y montrait comment une civilisation, celle de la Méditerranée au plus haut point,  se fabrique via la traduction : les routes de la traduction sont les routes du pouvoir et celles de la culture. On y montrait surtout comment la traduction est un savoir-faire avec les différences, qu'il s'agisse d'accueillir des étrangers, de rendre un poème, d'interpréter un texte sacré - il faut prendre le temps de comprendre l'autre comme il se dit.

 Alors, une Maison de la Sagesse aujourd'hui ?

Il faut l'inscrire dans « la vraie vie », celle de tous les jours : c'est un espace, réel ou virtuel, multi et interdisciplinaire, de dialogue et d’interaction des savoirs, des cultures et des langues, des techniques et des pratiques, capable de donner du sens à ce qu'on appelle le « vivre ensemble ». Le focus en est la traduction, comme apprentissage de l'autre et savoir-faire avec les différences.


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Notre programme d'action

Nous voulons construire avec vous ces initiatives, d'abord à Marseille et à Aubervilliers, selon trois temporalités, liées aux urgences et aux migrations d'aujourd'hui.

Premier temps : un temps d'accueil. Nous élaborons le pilote d'un Glossaire de la bureaucratie française, pour mesurer les écarts entre les mots-clefs, sésames de nos administrations, et les terminologies des pays d'origine.

Les premiers « intraduisibles » pour les étrangers arrivant en France concernent les formalités, les documents administratifs à remplir dès l'arrivée, d'où dépend leur avenir (nom, prénom, statut etc.). "Célibataire/ marié/ pacsé" : quel sens cela a-t-il pour un Tamoul qui arrive en France? Comment chaque formulaire est-il lié à une histoire, à des valeurs, à des représentations politiques et sociales, qui ont fondé notre bureaucratie ? Poser la question est un premier pas vers l’« intégration », et permet, en retour, aux Français de réfléchir aux fondements de leur bureaucratie et à ses nécessaires évolutions.

Le deuxième temps  est celui de la valorisation. Il est centré autour de l'idée de "banque-musée'. Ce "musée" coorganisé avec les prêteurs d'objets est en même temps une "banque", liée à une activité de micro-crédit.

Inspiré des banques culturelles d’Afrique de l’Ouest, au Mali par exemple, ce lieu à inventer a vocation à présenter un "patrimoine migrateur" avec son histoire : des objets-récits à valeur symbolique, non immédiatement marchande, témoins d’un parcours de vie des porteurs de projets bénéficiaires du micro-crédit. A Marseille par exemple, une première expérience est en cours avec l'ADIE, Association pour le Droit à l'Initiative Economique,  avec un espace d'accompagnement, de conseil et de formation destiné aux porteurs de projets.

Le troisième temps est dédié à la recherche. C'est un travail au long cours, un travail de fond, vital pour une Europe désarçonnée.

Nous travaillons à un Dictionnaire des intraduisibles des trois monothéismes, à partir des mots en langues autour desquels s'enroulent les textes dits « sacrés ». Comment dit-on/ ne dit-on pas « Dieu » en hébreu, araméen, syriaque, arabe, grec, latin, puis vernaculaires?  La "communauté", l''autre » ? Comment désigne-t-on le Livre ? Quel est à chaque fois le rapport entre la langue de révélation et la traduction ? Ce corpus, les textes, et cet angle d’attaque, les langues, s’impose d’autant plus que chacun des trois livres, entre interdit et prosélytisme, se pose de manière très différente, comme “révélé” dans un lien plus ou moins organique avec une langue, et susceptible ou non de traduction. Pas de meilleur moyen pour mettre en échec les "fondamentalismes" que de faire œuvre commune, loin de tout catéchisme des valeurs.


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Pourquoi cette collecte

De création récente, cette association d'intérêt général fonctionne entièrement sur le mode du bénévolat.

Les fonds collectés seront affectés en totalité à Maisons de la Sagesse-Traduire, Association LoI 1901, qui recevra les fonds sur son compte bancaire. 

Les donateurs pourront recevoir un formulaire permettrant de défiscaliser 66% du montant de leurs contributions retenues dans la limite de 20 % de leurs revenus imposables.

Notre objectif est de mobiliser l'ensemble des acteurs de la société civile, des organismes d'accueil des étrangers, des collectivités territoriales et des institutions concernées dans un projet commun de recherche et d'action.

Nous avons organisé les premiers séminaires à Marseille, au Mucem et à l'IMERA, et les premières performances artistiques et pédagogiques du 4 au 7 octobre 2017 à la Friche Belle de mai, avec l'aide notamment de l'ADIE, de Generik Vapeur, du Théâtre La Cité, des collèges  Paul Valéry et La Friche Belle de mai, des Philosophes Publics, de ACT, Lieux Fictifs et Radio Grenouille. En 2018, nous programmons d'autres séminaires, performances et ateliers de traduction à Marseille et à Saint-Denis-Aubervilliers.

En priorité, la collecte 2018 contribuera au financement :

- D'un Glossaire de la Bureaucratie française à l'usage de l'administration, des associations et des migrants dans les principales langues parlées par les migrants pour faciliter leurs démarches à l’arrivée en France ; une publication est prévue en versions papier et numérique : applications pour téléphones portables, écrites ou audio, selon les langues. 
Chaque formulaire émanant du système bureaucratique français  est représentatif de notre culture et des valeurs qui ont fondé notre République. La gymnastique de traduction permettra de mesurer les écarts entre les mots-clefs, sésames des administrations françaises, et les mots-clefs des administrations des pays dont sont issus les migrants, de pointer les différences et leurs causes. Ce glossaire permettra aux Français de mieux réfléchir aux fondements de leur bureaucratie et à ses nécessaires évolutions.

-De la première banque culturelle ou "banque-musée".

Un modèle français est à inventer : parce que l’objet témoin d’une histoire de vie que l’on fait entendre, signe d’une identité et d’une vie « d’avant », pont entre la vie d’avant et celle d’aujourd’hui, même sans valeur marchande, a une valeur symbolique, on met en place, en rapport avec le dépôt de l’objet, un microcrédit pour aider à créer ou développer une petite entreprise génératrice de revenus. A la banque-musée est attachée une pépinière–incubateur de petites entreprises. Les participants à la Banque de récits et d’objets, candidats à la création d’entreprise, y trouveront, pour un temps à définir, un espace dédié, des conseils juridiques, financiers, des compléments de formation à la comptabilité, à la gestion, à la promotion. Ils bénéficieront des services des ateliers de traduction.

Les banques culturelles/banques-musées sont des réservoirs d’identités ; elles regroupent et font dialoguer objets et récits qui témoignent des différentes identités des groupes qui composent le territoire. Instrument de paix sociale, d’ouverture à l’autre, elles  contribuent à éviter le piège du repli sur soi, de la crispation identitaire facteur d’exclusion et de rejet. Les communautés n’entraînent pas nécessairement le communautarisme

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