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L’association SPORT CONFÉRENCE c’est constituée autour d’un intérêt commun qu’est la politique sportive et la perspective stratégique dans le sport et la société. L’association interagit en proposant des projets citoyens innovants. SPORT CONFÉRENCE, c’est avant tout un forum pour l'examen large et interdisciplinaire du sport.

Les actions de notre association

Ligue Française des Sports Urbains

Fabrice Bach, porteur du projet de la LFSU

Interview : Fabrice Bach : «  La LFSU permettrait le développement et l’épanouissement des sports urbains »

Fabrice Bach est un homme engagé. Il participe à l’élaboration de la Ligue Française des Sports Urbains depuis plusieurs années. Une fédération, dans le but de reconnaître au niveau national, la pratique des différents sports urbains. Ces sports seraient ainsi réunis au sein d’une même fédération, afin de disposer d’un poids plus important pour son propre développement. Son action se voit confrontée à des refus administratifs, auprès du ministère des sports et à des « concurrents marketings » de grande ampleur.

Tour d’horizon.

-       Quel sont vos actions et objectifs principaux pour les sports urbains ?
-       « Concrétiser la reconnaissance des sports urbains. Au départ, le projet était de fonder la FFSU, Fédération Française des Sports Urbains. Aujourd’hui, le projet de ligue, est celui de LFSU, Ligue Française des Sports Urbains. C’est un projet qui aboutira, je l’espère ; lorsque je m’engage, je vais jusqu’au bout. » 

-       Qu’apporterait la reconnaissance de la Ligue Française des Sports Urbains pour les différents sports en question ?
-       « Une valorisation de l’existence des pratiques urbaines, déjà. La possibilité de mettre en commun les disciplines. Il y aura, de ce fait, une visibilité accrue, une croissance pour les sports urbains, et une émergence des associations et des clubs. Cela facilitera la formation des jeunes. On pourra lever des fonds, créer des partenariats et ainsi organiser des événements, comme toute fédération qui se trouve en possession de son agrément ministériel. La LFSU permettrait d’être maître dans le développement et l’épanouissement des sports urbains. »

-       A l’heure actuelle, quelle démarche doit effectuer un jeune qui souhaite s’initier à un sport urbain ?
-       « Rechercher un club qui soit affilié à une fédération. Cela garantit la formation et l’assurance juridique du club. C’est un gage de sécurité, car les accidents existent, comme dans tous les sports. Sécurité, pour le pratiquant, les parents et l’administration. Puisque pour la pratique et l’utilisation de gymnase, il faut être affilié à une fédération. La LFSU apporterait cela, contrairement aux « pseudos-fédérations ». »

-       Qu’entendez-vous par « pseudo-fédération » ?
-       « Ce sont des personnes qui s’organisent pour s’accaparer une discipline, alors qu’elles rejettent l’idée de création d’une ligue. Ligue qui apporterait une coexistence et une visibilité. Cela débouche sur un éclatement du mouvement. Il y a trop d’interlocuteurs pour les élus. Le ministère public n’a donc pas de référent officiel. »

-       A Toulouse, la Fédération de Gymnastique prend sous son aile la pratique d’un club de Parkour « Street Jump » depuis 2010. Qu’est-ce que cela implique pour la discipline au niveau local ?
-       « Une reconnaissance. Alors, bon, c’est un contexte particulier, qui a eu lieu dans le cadre d’un échange franco-marocain, ce qui explique sa spécificité. Le club de gym de Colomiers s’est ouvert aux nouvelles pratiques. Le président du club a apporté son appui. Street Jump, est désormais un club fédéral mais affilié à la gym. Au niveau local, cela permet l’essor de la pratique sur la région puisque l’institution publique la reconnaît. »

-       Vous avez travaillé au Maroc, pour développer les sports urbains. Quelles sont les différences entre la France et le Maroc, aujourd’hui, en ce qui concerne l’évolution de ces sports ?
-       « En 2008, c’était le même engagement pour les jeunes entre la France et le Maroc. D’où la légitimité de mon travail là-bas. Les sports urbains sont plus connus au Maroc qu’en France. Les cultures sont tellement différentes. Au Maroc, les jeunes, pratiquant les sports urbains, sont mal vus par la police. Souvent, les policiers décidaient de confisquer les skates, sans raisons, sans le droit de le faire ! En 2009, il y a eu des changements de ministres en France et au Maroc. On n’était plus sur la même longueur d’onde. Puis, il y a eu trop de sponsorings, et un engagement démagogique. Le problème, c’est que l’on doit construire sur le long terme. Il faut reconstruire à chaque changement de ministres. Il s’agit de donner des moyens aux sports urbains. Aucun skate-park n’est appuyé par la fédération de roller-skating par exemple. »

-       Vous dites ne pas apprécier et être en désaccord avec le fait que des sponsors puissent organiser des compétitions de sports urbains à grande échelle. Pourquoi ?
-       « Le marketing profite du non-encadrement des sports urbains. Il n’y a pas de redistribution des événements. RedBull, pour ne citer qu’eux, invente des « pseudos-championnats » qui n’apportent rien au sport ; mais à la marque. Cela ne participe pas au développement et à la promotion du sport, car il n’y a pas de financement. Les sponsors ne payent pas la fédération car il n’y en a pas. »

-       Ces événements apportent, pourtant, de la notoriété aux sports urbains.
-       « Il n’y a pas de financement pour les clubs ou les fédérations. L’argent récolté va pour la marque. Il n’existe que des associations, mais pas de clubs pour les sports urbains. Pourquoi doit-on chercher des affiliations pour exister ? Pour un ministre, je ne sais pas mais, quoi de plus beau de dire, « sous mon mandat, s’est créée une fédération. » Les marques organisent ces événements car il n’y a pas de structures légitimes pour les sports urbains. Ils profitent de cela pour obtenir une récupération mercantile. Mais il n’y a pas de développement pour le sport. »

-       Ils pourraient, par contre, se concevoir comme équipementier, à l’image de RedBull pour Félix Baumgartner (premier homme à avoir franchi le mur du son en chute libre) ?
-       « Il y a des promoteurs des sports urbains, qui partagent des valeurs identiques. Mais ils investissent d’eux-mêmes. N’importe quel sponsor peut participer pour créer de l’équipementier. Il faut des rencontres pour cela, comme le fait habituellement n’importe quelle fédération. Ainsi, plus de valeurs pour la marque, car la fédération rend légitime son partenariat, et le partenariat sert de levier. »

-       Quels sont les principaux sports urbains qui pourraient entrer dans la ligue ?
-       « Le Parkour s’impose. Ensuite, le golf de rue, les échasses, le basket de rue… Il y aura de toute façon, différentes commissions nationales autonomes qui seraient donc élargies. Il faudrait voir si la Commission Skateboard (ndlr : actuellement rattaché à la Fédération Française de Roller-Skating, suite à une décision du ministère chargé des sports pour gérer, structurer et développer le skateboard) souhaite s’inclure dans le projet LFSU. Mais bon. Pour le basket de rue, la fédération de basket a beaucoup aidé. Elle a mis en place des projets, des financements. Il n’y a pas lieu de se restreindre. Le ministère des sports finance les subventions en fonction des licenciés. La commission autonome aurait directement l’argent pour elle-même. »

-       Comment pourraient s’organiser ces différentes commissions au sein de la Ligue ?
-       « Chaque discipline aura une autonomie dans sa gestion administrative. La commission nationale autonome assumera la politique financière, la politique administrative, la politique de formation et de communication de la discipline qu’elle gère. »

 -       Quelles sont les raisons des refus administratifs auxquels vous avez été confrontés ?
-       En 2008, la FNCU, Fédération Nationale des Cultures Urbaines et l’AGP – Association Grenobloise de Parkour - ont proposé de créer « Le comité national de Parkour », qui finalement  a été rejeté par les jeunes pratiquants en 2009. Ensuite, il y a eu le lobbying des fédérations traditionnelles. Le changement de nom de la fédération des sports universitaires en est la preuve. L’ancienne appellation du projet LFSU, était FFSU, Fédération Française des Sports Urbains. En décembre 2009, on a vu l’interdiction d’utiliser le sigle FFSU, qui appartient à la Fédération Française des Sports Universitaires. Alors qu’en 2007, avec Bernard Laporte, notre projet avait été mis au jour. Tout le monde savait que l’on souhaitait s’appeler FFSU, ils avaient tous connaissance du projet. Et du jour au lendemain, il y a eu ce changement de nom sans rien dire. Le projet se nomme donc désormais LFSU. Ils essayent de détourner le problème, en appelant les sports urbains des sports de récréations. Mais ce n’est pas le cas. Regarder ce que les athlètes font, ce n’est pas de la récréation. On relègue les sports urbains à des cultures de quartiers. L’objectif des élus est de rapprocher les sports urbains au social, c’est un intérêt financier. »

-       En cas de blocage continu, est-il envisageable d’inclure chaque discipline au sein de fédération, déjà existante, mais similaire au sport en question, tel le Parkour avec la Fédération de Gymnastique à Toulouse par exemple ?
-       « Le Parkour à Toulouse reste une exception. L’objectif n’est pas de donner aux fédérations existantes ; mais je réfléchis à des conventions avec des fédérations comme l’UFOLEP, la Fédération Sportive et Culturel de France, à condition que nous restions maitre de notre projet, afin d’éviter toute spéculation d’effets de levier. Le combat sera toujours là. Le soutien des autres me donne de  la force, c’est pourquoi je continue. L’objectif, est de créer la Ligue Française des Sports Urbains. »


Propos recueillis par Arthur Vernassière.

 Site de l'action : www.sportsurbains.org

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