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Malleus Maleficarum - Le Marteau des sorcières

par Yvonne Septante

Duo Bouffonesque dérisoire et railleur


MALLEUS MALEFICARUM


À la fin du Moyen-Âge, le monde est sens dessus dessous. On dit que la nature est habitée de forces surnaturelles. On dit que les femmes sont visitées par des démons la nuit. On dit qu’elles pratiquent la magie noire, concoctent des potions, se livrent à des incantations et des charmes maléfiques. Superstition et religion se confondent,  les prêtres même se dévergondent, les paysans se rebellent.

1486, Henri Institoris et Jacob Sprenger publient le Malleus Maleficarum, Le Marteau des sorcières, un manuel pour inquisiteurs qui sera utilisé dans des centaines de procès pendant la grande Chasse aux sorcières en Europe ; Guide pour la torture et les procès contre ces femmes, guérisseuses, mystiques, passionnées, ou juste nées femmes. Auréolées de fantasmes.

Malleus Maleficarumest un duo de bouffons qui se moque tour à tour des inquisiteurs, des médecins, desdites sorcières, de la perfection, des normes, de la règle et de l’exception, du sacré, de Dieu et du Diable, des gentils et des méchants, de vous, de nous, et surtout d’eux-mêmes.

 « Les bouffons appartiennent à la folie, à cette folie nécessaire pour mieux sauver la vérité. On accepte du fou ce que l’on n’accepte pas d’une personne dite normale. On peut l’excuser lorsqu’il dit des paroles dérangeantes, mais on l’entend, comme le roi entend son fou. »

Jacques Lecoq, Théâtre du Geste



Projet artistique

L’intrigue

Dès l’ouverture, la Bulle papale qui légitime les inquisiteurs à pourchasser les sorcières,  plonge le spectateur dans le contexte diffamatoire de l’époque. Les comédiennes retracent ensuite les étapes du procédé inquisitoire qui auraient pu être celles d’une victime réelle, sans toutefois suivre un personnage précis. La rumeur se propage autour d’une prétendue sorcière, et de là s’enclenche le mécanisme irreversible: dénonciation, interrogatoire, torture, exécution.

Nous retrouvons sur scène les figures types de l’Inquisiteur, de la Sorcière, du Délateur, incarnées par deux êtres bouffonesques, qui se plient et se déplient sous les traits de celles et ceux sur qui ils ont jeté leur dévolu. 

La forme

 Le décor prend place dans une structure en bois autonome qui délimite l’espace scénique. La scénographie, minimaliste, est mise en valeur par un jeu de lumière que les comédiennes actionnent  elles-mêmes sur scène. De la musique, live et enregistrée aux couleurs hétéroclites allant de la musique traditionnelle électroacoustique à la musique contemporaine minimaliste en passant par la variété française et le jazz nord-américain, accompagne le spectacle. Sur scène donc, deux comédiennes, de la lumière et de la musique pour emmener le public pendant une heure dans un drame grotesque et extravagant. Rêve-t-on ces personnages ou les a-t-on vraiment devant les yeux ? Peut-on les croire ? Les suivre ?

Ce spectacle s’adresse à un public mature, adolescent ou adulte. Il n’est pas à destination des enfants.


Le personnage du bouffon

 « Les bouffons viennent d’ailleurs, ils sont liés à la verticalité du mystère, ils font partie de la relation du ciel et de la terre dont ils renversent les valeurs. Ils crachent sur le ciel et invoquent la terre ; en ce sens, ils sont dans le même espace que la tragédie ; ils se croisent sur la même verticale. »

Jacques Lecoq, Théâtre du Geste

Le bouffon est un être à part, qui échappe aux normes sociales, ou plutôt qui a une place bien spécifique, à la marge de l’ordre social habituel. À la manière de l’idiot du village ou du bouffon du roi, il peut se permettre de tout dire, tout. Ce que l’on cache, ce que l’on tait ; même les paroles dérangeantes, blessantes, ou irréfléchies,  pour cracher à la face du monde notre pudeur excessive. Ces mots que l’on regrette à peine sortis de nos bouches, à peine articulés, parce que l’on a parlé trop vite. De ce que l’on n’ose s’avouer à soi-même, notre partie sombre, obscène, sadique et grossière, il extrait sa matière.

« Ce pitre lucide au clin d’œil déraisonnable est un travesti spirituel, (…) il fait rire par son esprit simple, il fait peur par son œil diabolique. »

Jacques Lecoq, Théâtre du Geste

Le bouffon nous fait rire jaune et porte sur scène des propos tranchants en mesure de nous toucher au cœur et au corps, en nous faisant frissonner et grincer des dents. Sous une couche d’humour grivois et trivial tout en conservant sa sincérité intacte. C’est un « amuseur imprévisible et dérisoire, fantaisiste capricieux, provocateur sage, confident, conseiller, révélateur, amuseur drôle au regard incisif ou hagard ». (Serge Martin, in Bouffoneries)


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Pourquoi ce spectacle ?

« Toute tête féminine qui dépassait pouvait susciter des vocations de chasseurs de sorcières. Répondre à un voisin, parler haut, avoir un fort caractère ou une sexualité un peu trop libre, être une gêneuse d’une quelconque manière pouvait vous mettre en danger. »

Mona Chollet, Sorcières, 2018

Ce spectacle pour rafraîchir notre mémoire de ce que l’on n’apprend pas à l’école, pour parler de l’histoire des femmes, des oubliées, des persécutées de la Terre depuis toujours. Pour se relier aux femmes victimes de violences qui le sont parce qu’elles sont nées femmes.

Ce spectacle pour  pointer la société patriarcale, dont les valeurs sont intégrées tant par les hommes que par les femmes, qui cherche à exercer du pouvoir sur le corps des femmes : les enfermer, hors de la vue, en les rendant coupables si elles sont dérangeantes ; ou les exposer à la vue de tous en les dépossédant de leur intimité si elles peuvent servir de faire-valoir. La femme sauvage, charnelle, passionnée et libérée du carcan social n’a jamais eu sa place en tant que telle aux yeux des détenteurs de l’autorité.

Pour parler de la norme et de la marge : à l’époque actuelle, celle du couple hétérosexuel avec enfants qui exclut les homos, les transsexuels, les célibataires, les personnes qui décident simplement de ne pas avoir d’enfants, les familles monoparentales... Celle du diktat de la beauté féminine jeune et plastique qui met à l’écart les personnes âgées, les femmes rondes, les femmes androgynes, les très grandes ou très petites, les grands nez, les petits seins… Et pour ce qui est des femmes indépendantes, ou celles qui parlent fort, qui sont passionnées, entreprenantes, ou encore celles qui ont une sexualité libre et épanouie, il est plus facile de les diaboliser que de les réprimer, en leur attribuant des représentations négatives. Quoi de plus efficace que l’autocensure intériorisée ? Au temps de la chasse aux sorcières, on les traînait sur le bûcher, de nos jours, elles se brûlent elles-mêmes de l’intérieur en laissant partir leur individualité en fumée au profit d’une image plus conforme aux attentes du patriarcat.

Ce spectacle aussi pour évoquer la médecine populaire de nos ancêtres qui était surtout transmise et partagée par les femmes : celle du soin par les plantes, de l’observation et de l’expérimentation. Pour dénoncer le monopole de la Médecine par les hommes de science qui ont évincé les femmes du soin en cloîtrant la médecine dans des cabinets de docteur sous lesquels reposent six pieds sous terre les savoirs empiriques de nos arrière-arrière-arrière-grands-mères.

Ce spectacle, enfin, pour être solidaires envers tous ces moutons noirs que l’on enveloppe de fantasme négatifs ou terrifiants. Il y a qui nous piquera notre travail, nos aides sociales, ou nos maris, qui nous agressera dans la rue, qui l’a bien mérité, qui ferait mieux de se mêler de ce qui le regarde. Celui qui mange avec les doigts, qui ne parle pas notre langue, est analphabète. Les dépressifs, les folles, les déments. Les vieilles, les défectueux, les lents. Les célibataires, les stériles, les incultes et les paysans. Les dyslexiques, les improductifs, les ouvriers et les droguées. Les pauvres, et tous les Autres.


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Les comédiennes

Fanny VERRUE

Fanny, comédienne, metteuse en scène et pédagogue a été formée à l’École Internationale de Théâtre LASSAAD à Bruxelles. Elle a adopté la pédagogie initiée par Jacques Lecoq tant pour transmettre, que mettre en scène ou interpréter, et ce depuis plus de vingt ans.

Elle est féministe et aime les cacahuètes !

Manou BENOIT

Manou est passionnée de danse et de théâtre. Ces disciplines l’accompagnent au quotidien depuis toujours. Elle n’hésite pas à mettre sa pratique corporelle artistique au service d’un propos politique. Fervente militante de l’éducation populaire, elle pratique également le Théâtre de l’Opprimé.

Elle se régale de chocolat noir et de bourrée 3 temps d'Auvergne !

Nous travaillons ensemble depuis six ans !

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Une affiche du spectacle !

Donner 15 euros

2 cartes postales (une à garder et une à envoyer !)

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2 cartes postales (une à garder et une à envoyer !) + 1 affiche

Donner 50 euros

Une entrée gratuite (ou regarder le chapeau passer devant soi sans rien mettre dedans !) + 2 cartes postales + 1 badge !!

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1 tirage photo dédicacé + 2 entrées gratuites (pour inviter quelqu'un·e avec qui vous pouvez débattre !)

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On vient jouer chez vous pour votre anniversaire !

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S
Sophie Noguet
23/03/2019
M
Manon Rossi
20/03/2019
A
Agnès Courboulay
20/03/2019
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